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Depuis le 14 Mai 2008, les sociétés minières du Mali font l’objet d’une assignation devant les tribunaux. Aussi, c’est dans le cadre de leur politique d’information de l’opinion nationale et internationale que les sociétés SOMILO- SA et RANDGOLD RESSOURCES-Mali ont tenu à organiser un point de presse.

Pour les responsables de ces deux sociétés minières, il s’agit de partager certaines préoccupations et inquiétudes dont elles font l’objet, du fait de poursuites judiciaires décidées à leur encontre par l’Association Pour l’Environnement et la Santé (APES).

Cette rencontre de presse était principalement animée par le Directeur Général de RANDGOLD RESSOURCES-Mali, M.Mahamadou Samaké dit “Sam Dièman”, assisté par les responsables du Conseil National des Opérateurs Miniers (CNOM) et de l’Union Nationale des Opérateurs Miniers (UNOMIN), avec la présence des représentants du ministère de l’Environnement, des Mines et du Logement, de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines(DNGM), du PDRM, des sociétés BEN et Co, de la SOMIKA…


De quoi s’agit-il ?

Le 14 Mai 2008, des sociétés munières -parmi lesquelles les sociétés SOMILO-SA et RANDGOLD RESSOURCES-Mali- ont été assignées devant le Tribunal de Première Instance de la Commune II. Ce procès intenté est l’oeuvre de l’Association pour l’Environnement et la Santé (APES), qui reproche aux sociétés minières installées au Mali d’être à la base de la dégradation continuelle de l’écosystème.

A ces sociétés, l’APES reproche d’être à la base des fausses couches, de la pollution de l’eau, de la provocation des maladies pathogènes et endémiques… En conséquence, pour vérification, l’Association demande à la justice de constituer des experts qui seront… à la charge desdites société .

Pire, l’APES réclame un dédommagement à hauteur de 15 milliards de FCFA pour elle, et non pour les populations affectées. Rappelons que l’Association Pour l’Environnement et la Santé (APES), qui est basée en Commune II du District de Bamako, n’a été créée que le 18 Avril 2008 et n’a obtenu son récipissé que le 6 Mai 2008.

Toute chose qui irritera le D.G. de RANDGOLD RESSOURCES-Mali, M.Mahamadou Samaké sur les réelles motivations de l’Association. “Une association qui croît défendre les intérêts des populations, mais qui se permet de demander 150 milliards de FCFA pour elle-même.

Ce qui est marrant dans tout cela, c’est qu’elle est basée en Commune II,lalors que les sites d’exploitation sont basées à Morila. C’est vraiment ridicule, mais nous allons répondre à la justice” , a-t-il déclaré.

Aux dires du conférencier, les deux sociétés ne sont pas prêtes à se laisser extorquer aussi facilement de l’argent pour des raisons inavouées. Et de déclarer, péremptoire : “L’APES ne possède aucune qualité nécessaire pour nous assigner en justice; et nous n’entendons pas nous laisser distraire“.

Selon “Sam Dièman“, en parcourant les faits reprochés aux sociétés minières, on se rend compte que l’APES ne possède aucune preuve. Elle s’est simplement contentée de reprendre, en changeant de formules, des rapports fallacieux de OXFAM et du FIDH.

L’APES parle de l’utilisation du cyanure et du mercure. Or aucune société minière n’utilise le mercure; mais le cyanure, oui. D’ailleurs, c’est le seul procédé utilisé depuis plus de cinquante ans. Cela est connu, et il est maîtrisé. Même si le therme cynanure fait peur, il n’a jamais encore tué car aucun travailleur qui utilise ce produit n’a jamais démissionné ou été atteint d’une quelconque maladie, comme prétend l’association”, a-t-il précisé.

Ce que M. Mahamadou Samaké “Sam“ ne comprend pas, c’est la composition des membres de l’Association qui, en plus, ne possèdent aucune notion en matière de connaissance minière. Leur motivation n’est donc que financière au profit de leur Association et non de celui des populations.

Je vous rappelle que le président de l’Association est un commerçant. J’aurai compris si l’Association avait réclamé les 150 milliards de FCFA en faveur de la population, concernant les sites. Mais étant en Commune II, alors que les sites se trouvent à 200, voire 300 kilomètres de Bamako, me paraît scandaleux et indigne”, a-t-il fustigé.

Une volonté de nuire aux sociétés minières?

Selon le conférencier, cette action de l’APES est une volonté manifeste de nuire aux sociétés minières au Mali. En effet, il existe un Code minier malien fixant les règles des activités de ces sociétés minières. Ainsi, ses droits et devoirs sont consignés dans ledit Code qui précise toutes les prescriptions à respecter. Et cela, en collaboration avec les ministères de l’Environnement, des Mines et de l’Eau, sous la houlette de la DNGM.

Si le contrôle régulier de ces différentes structures prouve que les sociétés minières ont violé les textes, nous sommes prêts à réparer les préjudices causés”, a martélé le D.G. Mahamadou Samaké. Le représentant du Conseil National des Opérateurs Miniers (CNOM) n’a pas non plus été tendre avec l’Association.

En effet, dans un communiqué, M. Kantao a traité les membres de l’Association de “nouveaux types d’agitateurs, d’opportunistes, de saboteurs authentiques, de justiciers des temps modernes“.

Aussi invite-t-il l’Etat, la Justice et la Presse à se mobiliser comme un seul homme pour empêcher leur coup de réussir. “Il importe que tous les patriotes se mobilisent pour barrer la route à cette association assoiffée d’argent facile, en rétablissant la vérité sur l’exploitation minière au Mali ” , a-t-il ajouté.

Selon le conférencier, l’association fait le jeu des ONG (dont OXFAM et FIDH), et leur action vise fondamentalement à nuire au Mali. Cela doit donc interpeller tous les Maliens…

Notons que c’est grâce à l’exploitation de l’or que le Mali a pu juguler les effets collatéraux de la crise ivoirienne et de la crise alimentaire dûe à l’invasion acridienne. D’ailleurs, l’or est devenu la principale ressource au Mali, après la chute du prix du coton.


La sérénité et la confiance sont de mise

Pour le conférencier, il était impérieux d’informer l’opinion nationale et internationale sur les dangers d’une telle action venant d’une association qui n’a aucune preuve tangible, ni aucune expertise en la matière. Aussi, le D.G. “Sam” s’est dit serein et confiant.

Loin de nous défendre, je suis convaincu que la justice malienne n’est pas dupe. L’association n’a aucun argument valable, car nous travaillons dans la légalité, conformément au Code minier. Nous ne sommes pas prêts à donner de l’argent facile comme ça”, a-t-il souligné.

Ce qui conforte le D.G. de RANDGOLD RESSOURCES-Mali, c’est le fait que SOMILO-SA et RANDGOLD soient assignés au Tribunal de la Commune II, alors que ces deux sociétés sont basées en Commune VI. Ainsi, dans sa plainte, il ressort que l’association s’était trompée d’adresse, en mentionnant Hipprodome.

Rappelons que la première audience a eu lieu le 14 Mai 2008 à 14H30. Mais sur demande des avocats des deux sociétés minières, l’audience fut différée le 21 Mai 2008. C’est donc la justice qui doit déterminer si les faits reprochés aux sociétés minières sont avérées ou infondées.

En attendant, c’est une sérennité et le calme qui continue d’animer les responsables de ces deux sociétés.

Sadou BOCOUM

22 Mai 2008