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Face à cette situation qui peut être explosive si rien n’est fait, les plus hautes autorités ont exonéré de TVA l’importation de céréales qui portait sur plus 110 mille tonnes de riz.

Cela avait pour but de mettre un terme à la spéculation pratiquée sur le riz. Malheureusement, à quelques encablures de l’expiration de ce délai d’exonération, le riz reste toujours un luxe pour nombre de nos compatriotes.

Pour savoir davantage, nous avons diligenté une enquête sur certains marchés de la place.

Adama Camara, vendeur de céréales au marché de Banankabougou sud-ouest nous donne ici son avis : “le problème du riz est un problème complexe.

Beaucoup accusent les revendeurs de vouloir faire la surenchère. Cela n’est pas vrai. On ne peut pas être aussi cher délibérément avec nos clients qui, avec le temps, sont devenus nos parents. De la même manière, on ne peut pas aussi vendre avec perte les denrées pour l’achat desquelles on a beaucoup investi.” Le mot est lâché.

Malgré les efforts fournis par le gouvernement, la réalité est tout autre sur le marché.

Sur plusieurs marchés de la rive droite, le riz “Gambiaka” est vendu à 350 F le kg et le riz BG (seri malo) à 325 FCFA le kg.

Le riz importé et le “riz brisure” est, quant à lui, vendu à 300 FCFA le kg au même titre que d’autres types de riz importés.

Les prix sur les autres marchés du district sont-ils à l’image de ce que nous avons pu constater sur les marchés de Banankabougou, Faladié, Niamakoro, Chièbougouni et Sogoniko ?

Quel est l’impact réel des exonérations sur le prix du riz ?

Pour les revendeurs, l’Etat voudrait tout simplement faire semblant qu’il décide de quelque chose et grossir en même temps les caisses des opérateurs privilégiés qui sont pour lui, soit des pions à ses services, soit des financiers de campagne électorale.

Qu’est-ce que vous voulez chercher à savoir encore ? Le ministre Choguel ne reconnaissait-il pas lui-même, il y a quelques jours, que les mesures prises n’ont pas comblé les attentes du gouvernement ?” s’interrogeaient certaines personnes qui pensent que “Dieu seul sait s’ils vendent le riz au prix actuel pour spéculer ou pas. Les temps sont durs et le commerce de céréales ne rapporte plus rien comme avant”.

Alors pourquoi les autorités du Mali ne prennent-elles pas des mesures plus globales visant à résoudre définitivement cette crise céréalière notamment celle du riz ?

La situation actuelle ne doit-elle pas servir de leçon aux autorités?

Adama S. DIALLO, Stagiaire

11 août 2005