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Les résultats les plus récents montrent un début de recul de l’entrée en union, surtout pour les femmes. Dans la plupart des pays, l’âge moyen a sensiblement changé passant de 18 ans en 1962 à 22 ans en 1998.

La scolarisation, surtout celle des filles, retarde l’âge d’entrée en union. D’après les travaux comparatifs réalisés en 1989 sur 170 groupes ethniques d’Afrique subsaharienne la scolarisation des filles est la variable qui pèse le plus dans les différences d’âge au mariage entre populations, bien plus que toute autre variable socio-économique ou culturelle entre autres: mode de production, système d’héritage, stratification socio-politique.

Au Kenya, dès 17 ans la moitié des filles non scolarisées sont mariées, alors qu’il faut attendre 21,5 ans pour la moitié des femmes ayant atteint le secondaire.

Si dans les villes le recul de l’âge au mariage est flagrant, on commence aussi à l’observer dans certains milieux ruraux.

Par ailleurs, les difficultés croissantes d’accès à l’emploi retardent aussi l’accès des jeunes au mariage, puisqu’ils ne peuvent plus accumuler la compensation matrimoniale ou installer leur propre ménage.

De ce fait, leur entrée en union a tendance à être différée et les écarts d’âge entre époux diminuent peu, contrairement à l’effet que l’on attendait de la tendance des jeunes à contracter des unions moins dépendantes de décisions de leurs familles respectives.

L’augmentation du célibat définitif

Le célibat définitif est resté très rare en Afrique sub-saharienne. Actuellement il est assez répandu et ce sont les unions “informelles”, qui donnent lieu à des séparations fréquentes et à la constitution de menages centrés sur la femme.

En effet, avec la crise des économies africaines, les unions consensuelles, de statut précaire, sont plus nombreuses qu’auparavant, soit parce qu’elles engagent moins les partenaires décidés chacun à garder leur autonomie, soit parce que les processus matrimoniaux classiques, et spécialement la compensation matrimoniale, sont trop coûteux.

De leur côté, les ruptures par séparation ou divorce sont probablement en augmentation, à la fois en raison de la crise économique et de l’augmentation de l’autonomie des femmes, car ce sont elles en général qui prennent l’initiative des ruptures.

Les séparations induites par les migrations et la plus grande fragilité des unions informelles sont aussi des causes d’accroissement des ruptures. Avec la baisse tendancielle de la mortalité, les ruptures par veuvage pourraient diminuer, mais l’épidemie de Sida est maintenant une cause majeure de décès prématurés, avec la quelle il faut compter.

40 ans après, la polygamie résiste

Dans les années soixante, une vue encore très européocentrique des écolutions des familles africaines laissait prévoir un fléchissement de la polygamie (famille élargie) et l’adoption de la famille nucléaire (petite famille). Quarante ans après, les choses sont allées différemment la polygynie a résisté jusqu’à présent aux remises en question des institutions.

Jusqu’ici à s’en tenir aux statistiques, la pratique de la polygamie se porte assez bien. La crise économique conjuguée à d’autres facteurs que sont: la scolarisation, l’urbanisation, la diminution de la population vivant de l’agriculture ont favorisé la diminution de cette pratique dans quelques pays.

Depuis un bon moment on assiste à une évolution certaine des rôles masculins et féminins dans la vie matrimoniale. Les hommes voient leur rôle traditionnel de “dominant” remis en cause par les revers économiques qui les privent parfois, de tout accès à une activité productive.

Les femmes et surtout les associations féminines ont un rôle très important à jouer pour que les pratiques matrimoniales fassent une place plus juste au libre choix des femmes, à leur participation aux décisions, au respect entre conjoints.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

13 Juin 2008