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« Des milliers de personnes » sont détenues illégalement au Mozambique, parfois pendant des années, sans pouvoir contacter un avocat, alors qu’elles n’ont pas été reconnues coupables de quoi que ce soit, a accusé jeudi Amnesty International. Dans la plupart des cas, les détenus sont des personnes pauvres qui ne sont donc pas informées de leurs droits ou sont incapables de les comprendre, note l’organisation de défense des droits de l’homme. Elles ne peuvent se payer un avocat et sont donc presque toujours représentées par des personnes non qualifiées, et sont rarement libérées en attendant un éventuel procès, ajoute-t-elle. Une personne a ainsi passé douze ans dans une prison de haute sécurité sans avoir vu le moindre juge et a fortiori sans avoir été condamnée, a relevé Amnesty, ajoutant qu’il n’y avait même pas eu d’inculpation. « L’approche désordonnée qu’a le Mozambique de la justice a fait que des centaines de détenus ont simplement été +perdus+ dans le système et croupissent en prison, sans droits et sans recours à la justice », a regretté Muluka-Anne Miti, chercheuse d’Amnesty International au Mozambique. Les personnes interpellées doivent théoriquement comparaître devant un juge dans les 48 heures et sont censées bénéficier d’une assistance juridique gratuite, rappelle Amnesty, qui note également que les prisons du pays sont souvent vétustes et surpeuplées. AFP