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Des groupes de manifestants ont paralysé Addis Abeba lundi, bloquant des routes et poussant les commerces de la capitale éthiopienne à fermer, à la suite de violences entre communautés ayant fait 23 morts ce weekend en périphérie de la ville. Le chef de la police éthiopienne, Zeynu Jemal, a indiqué que la police a tué cinq manifestants lundi, les décrivant comme des « dangereux vagabonds » qui tentaient de piller des propriétés et voler des armes de la police. Ces troubles et violences ethniques sont le dernier défi en date à l’ambitieux programme de réformes entrepris par le Premier ministre Abiy Ahmed, dont une profonde refonte d’un appareil sécuritaire décrié, depuis son entrée en fonction en avril. Brandissant des drapeaux protestataires et des branches d’arbre, les manifestants sont descendus dans les rues de la capitale pour protester contre des violences ayant eu lieu ce weekend à Burayu, à l’ouest d’Addis Abeba, en région oromo. Ils ont accusé des groupes de jeunes Oromo d’y avoir visé d’autres ethnies minoritaires provenant du sud de l’Ethiopie et qui se sont installées ces dernières années dans des zones autour de la capitale. « Je suis venue pour obtenir justice, car nos frères et nos soeurs se font massacrer », a assuré Bizuayehu Biyargegne Getahun, une manifestante rencontrée par l’AFP sur la place Meskel. « Ils violent nos soeurs et nos mères », a-t-elle ajouté. Zewdu Tinae a, lui, appelé le gouvernement à prévenir ce genre de violences, dans lesquelles il a perdu son frère et un voisin. « Le gouvernement dit +soyons tous amis+, mais nous sommes en train de nous éloigner les uns des autres car il n’y a pas d’Etat de droit ».AFP