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Prendre l’école à bras-le corps, maîtriser les prix des produits de première nécessité, assurer la sécurité alimentaire, sécuriser le Nord-Mali, s’attaquer à la corruption, à l’injustice et à la pauvreté, telles sont grosso modo, les actions urgentes que les Maliens attendent du gouvernement de Modibo Sidibé. C’est du moins ce qui ressort du micro-trottoir que nous avons réalisé après la mise en place du nouvel attelage. Dans l’ensemble, à quelques exceptions près, nos interlocuteurs ont plutôt choisi de faire bénéficier à la nouvelle d’un préjugé favorable.

Abrahamane Konaté, enseignant : « L’école malienne doit être leur priorité »

 » Je pense que ce gouvernement est à mesure de répondre aux attentes et préoccupations du peuple malien. Parce que Modibo Sidibé est un homme qui a duré dans les rouages de l’Etat. Sans aucun doute, il doit être aujourd’hui à même de connaître les attentes et préoccupations des Maliens.
Je pense également que les hommes et femmes qui ont été nommé dans ce gouvernement sont obligés de mieux faire s’ils veulent sauver leurs propres carrières politiques et professionnelles.

La principale préoccupation à laquelle Modibo Sidibé et ses hommes doivent s’atteler, c’est l’école. Il s’agit surtout la non orientation des jeunes de plus de 19 ans dans les écoles secondaires. Car se sont les écoliers originaires du milieu rural qui souffrent de plus des conséquences de ce système. Car il n’y a pas de centre de formation professionnelle dans ces milieux. Leurs parents n’ont pas assez de moyens pour les inscrire dans d’autres structures scolaires.

En plus l’électricité coûte également cher, alors que c’est le Mali qui alimente les autre pays de la sous-région, il faut que ce nouveau gouvernement essaye de revoir un peu le prix d’électricité à la baisse  »


Alioune Guéye économiste et Secrétaire général du CNJ-Mali :  » Les jeunes ont été marginalisés lors de la formation du gouvernement « 

« Je félicité le Premier ministre et tous les membres du gouvernement sur le choix porté sur eux.
Cependant, il y’a lieu de souligner que les jeunes ont été marginalisés lors de la formation de ce gouvernement. Tandis que le Mali a signé et ratifié plusieurs traités et conventions entrant dans le cadre de la promotion des jeunes. Nous avons adressé un mémorandum aux plus hautes autorités pour la participation des jeunes dans les instances décisionnelles. Mais au finish, c’est seulement une jeune dame qui a été retenue. Alors qu’il existe des jeunes compétents, expérimentés et disponibles qui ne demandent qu’à servir leur pays.

A mon humble avis, l’emploi des jeunes doit être la préoccupation première du gouvernement Modibo Sidibé. Il doit également s’atteler à la crise scolaire, assurer la sécurité alimentaire et mettre en place une vraie politique de logements sociaux surtout en quantité « .


Fodié Salim Traoré, étudiant à la FSJP : « Il faut trouver une solution à la crise qui secoue à l’Université de Bamako »

 » Je pense que le Premier ministre est un homme de principe, il sera en mesure de relever les défis.
Il faut que le nouveau gouvernement s’investisse le plus vite possible pour trouver une solution à la crise qui secoue à l’Université de Bamako, plus précisément à la FSJP. Car cela fait environ des mois que nos notes sont prises en otage par les professeurs. Il faut que cette situation change le plus tôt que possible.

Après la crise de l’école malienne, il y’a aussi la situation qui prévaut dans le Nord-Mali. J’aimerais que cette situation désastreuse prenne fin le plus tôt que possible « .


Mohamed Traoré, commerçant : « Le gouvernement doit maîtriser le prix des produits de première nécessité « 

 » Chaque jour que Dieu fait, les prix des produits de première nécessité ne cessent de grimper. Les gouvernements précédents n’ont pas jusque là pu maîtriser les prix de ces produits. Je souhaite que Modibo Sidibé et ses hommes relèveront ce défi de la maîtrise du prix des produits de première nécessité « .

Sory Ibrahima Traoré, comptable :  » Il faut s’attaquer à la corruption, l’injustice et la pauvreté  »

Ce gouvernement, s’il veut réussir doit combattre la corruption, l’injustice et la pauvreté. Car selon moi, ce sont les trois facteurs qui sont à la base de nôtre mal-vivre. S’il veut, en réalité, réaliser le PDES, il doit s’attaquer à ces différents fléaux

Salimata Haïdara, commerçante : « Les produits coûtent cher, ce sont nous les femmes qui souffrons le plus  »

« Les produits, coûtent cher au marché et le constat est que ce sont nous les femmes qui souffrons plus de ce phénomène. Car ce sont nous qui payons le surcoût. Il faut que le nouveau gouvernement s’investisse pour trouver une solution à la vie chère « .


Salia Diallo, bitumier :  » Il faut d’abord assurer la sécurité alimentaire  »

« Nous aimerions voir ce gouvernement à l’œuvre avant de le juger. Mais nonobstant les préoccupations ne manquent pas.
La première des choses à laquelle ce gouvernement doit s’atteler, c’est d’assurer la sécurité alimentaire. Surtout dans le Nord-Mali.

Il faut que le gouvernement de Modibo Sidibé restitue certaines sociétés qui ont été vendues aux multinationales. Toutes choses qui ont entraîné la compression de plusieurs chefs de famille. ».

Ali Badara, enseignant en retraite : «La montagne a accouché d’une souris»

Parmi les plus pessimistes Ali Badara, enseignant à la retraite de son état soutient que «la montagne a accouché d’une souris. De Moussa Traoré jusqu’aujourd’hui, c’est le plus mauvais gouvernement que le Mali ait jamais connu. A en juger par les portraits et l’expérience professionnelle de ses membres. La plupart n’ont pas leur place dans un gouvernement digne de ce nom. On s’attendait à un gouvernement de technocrates même si ceux-ci n’ont pas de coloration politique. Cela me surprendrait que ce gouvernement fasse une vraie mobilisation.
La façon dont les gens ont été nommés montre que le présent gouvernement ne va pas durer», a-t-il conclu.

Le Secrétaire administratif adjoint du syndicat des transporteurs
Amidou D.K. Coulibaly : «Trop tôt pour se prononcer»

Il pense qu’il est trop tôt pour donner son appréciation sur le nouveau gouvernement. Tout simplement, ses membres sont, pour la plupart, des inconnus.
Toutefois, son syndicat attend que le gouvernement réhabilite les auto gares et révise incessamment les textes qui ont mis les postes de sécurité en place. «C’est une situation qui risque d’exploser tôt ou tard. Car les postes de contrôle des différentes sorties de Bamako sont désormais transformés en auto gares».

Mamadou Bah, commerçant au grand marché : «Le principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut n’a pas été respecté»

Mamadou Bah pense qu’il est impossible d’apprécier le nouveau gouvernement pour la simple raison que ses membres sont inconnus du grand public.
«Le malheur est qu’on a juste tenu compte des rapports de force à l’Assemblée nationale, ce qui fait qu’on a laissé de côté les vrais cadres compétents de ce pays. Résultat : le principe de l’homme qu’il faut à la place a été superbement ignoré au profit des rapports de forces à l’Assemblée nationale. Si l’on veut combattre la corruption, ce ne sont pas les gens les mieux indiqués pour le faire. Ce que nous attendons du nouveau gouvernement, c’est que le commun des Maliens puisse avoir le minimum vital pour faire vivre sa famille. A mon humble avis, je donne au plus six mois à ce gouvernement. D’autre part, avec la dégradation des mœurs, le Mali n’étant pas ce qu’il était, c’est un grand combat que l’Assemblée nationale et le nouveau gouvernement doivent mener. Pour ce faire, il faut des gens comme Natié Pléa, un homme de rigueur et de principe».


Le Secrétaire général de la section syndicale de la Protection civile, Bakary Dao : «Les nominations faites au niveau de la sécurité sont tout à fait satisfaisantes »

Les membres du nouveau gouvernement ne sont pas bien connus. Il dit ne pouvoir l’apprécier qu’à 50% en commençant par le Premier ministre. Un homme dont la protection civile se réjouit de la nomination à la tête du gouvernement, de même que le maintien du ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile, Sadio Gassama.

La section syndicale de la protection civile soutient Bakary Dao, juge les nominations faites, côté sécurité, dans le nouveau gouvernement sont tout à fait satisfaisantes.

Le maintien du général Kafougouna Koné à l’Administration territoriale et celui du général Sadio Gassama à la Sécurité nationale, Natié Pléa à la Défense, un homme connu pour sa fermeté dans le commandement. Toutefois, la section syndicale de la Protection civile s’attend à ce que le nouveau gouvernement rapproche la Protection civile des populations.

Pour ce faire, il faut que chaque commune soit dotée d’un centre de secours.


Sékou, directeur adjoint de la Maison des jeunes : «les membres du nouveau gouvernement sont des gens qu’on ne connaît pas»

Pour sa part, le nouveau ministre de la Culture est bien connu de la boîte. C’est un homme véridique et un grand bosseur.

Les artistes sont surtout préoccupés par les 200 millions de FCFA que le gouvernement leur alloue chaque année mais ils n’ont jamais vu la couleur. Si jamais le nouveau ministre peut débloquer cet argent, il ne pourra que gagner l’estime des artistes.

Le souhait de Sékou est que les nouveaux membres du gouvernement soient sur le chantier et non dans les bureaux.

09 octobre 2007.