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Des intellectuels hommes et femmes de culture réunis dans une dynamique de résistance au laisser-aller voulu et entretenu par le régime ATT ont été unanimes à admettre samedi à l’ex-Faculté des sciences juridiques et économiques que la gestion de la rébellion au Mali n’a pas été faite avec fermeté comme au Niger ou encore en Mauritanie et pensent que la racine du mal est à Bamako.

C’est le 17 janvier 2012 que des hommes sans foi ni loi ont choisi de rentrer ouvertement en rébellion contre le Mali créant une situation de guerre civile avec son corollaire de psychose généralisée. Ne pouvant rester de marbre face au carnage « collectif », des intellectuels hommes et femmes de culture avec à leur tête l’ancien ministre Adama Samassékou, l’ancienne ministre Aminata Dramane Traoré ont décidé de réunir en vue de réfléchir sur les voies et moyens de sortie de crise. Comme pour dire plus jamais ça encore, ils ont produit une déclaration dite du 7-Février dont le contenu avait été partagé avec la presse nationale, il y a peu.

Se voulant une plate-forme contributive et une dynamique de résistance au laisser-aller dans lequel végète le Mali sous ATT, ces sommités du pays ont provoqué samedi un forum à l’ex-FSJP. Toujours dans le but d’approfondir la réflexion sur la crise au nord mais aussi élargir la base d’adhésion à la déclaration du 7 février.

Dans cette déclaration qui a fait l’objet de lecture solennelle par le ministre Samassékou, il ressort que la mauvaise gestion, le clientélisme et bien d’autres maux qui gangrènent la gestion des affaires publiques de tous les jours ont fortement contribué à l’exacerbation de cette rébellion armée que rien ne saurait justifier.

Tout en déplorant le déficit de communication sur les causes internes et externes de cette crise et tout en condamnant le recours à la violence, des intellectuels, par la voix du ministre Samassékou, estiment que l’issue de cette rébellion à répétition n’est ni militaire ni financière… mais politique, sociale et diplomatique. La résolution de la crise, croient-ils, est aussi au prix d’une nouvelle compréhension du Mali.

Cependant, sont venus enfoncer le clou l’ancienne ministre de la Culture, Aminata Dramane Traoré et le Pr. Hamidou Magassa. Pour la première, « après trois décennies de libéralisme sauvage, deux décennies d’essai de démocratisation, l’échec est réel ». Elle va jusqu’à nommer la France d’être l’instigatrice principale de tout le « désordre » que connaît le Mali. « Nous vivons une crise aigue de l’occidentalisation du monde », s’est-elle indignée. Aminata Dramane Traoré se dit fondée que cette manière de gérer la crise du Nord n’a pas été celle du Niger ou de la Mauritanie. Le laxisme de l’Etat malien est à ce niveau.

Le Pr. Hamidou Magassa, cet autre qui en avait gros sur le cœur, assume que « le premier foyer de l’insécurité est à Bamako ». Allusion faite certainement à des personnalités du pays à Bamako qui filent des informations aux ennemis du pays ou qui les financent. Pour lui, le MNLA et l’AEEM mènent le combat parce qu’il dit ne pas comprendre que l’Association des élèves et étudiants ait des représentants à Koulouba, dans les ministères… Bref dans tous les centres de décisions. Cela relève du « n’importe quoi » pour Pr. Magassa.

A l’image de ceux-ci, le Pr. Jean-Bosco Konaré n’a pas également fait dans la dentelle. Il attribue toute la débâcle actuelle au fait que « nous continuons à vouloir être admiré par ceux qui ne nous ont jamais admiré ». Il voulait parler de l’Occident. Le front de résistance au laisser-aller a eu une pensée pieuse pour les victimes du conflit qui mine le Mali.

Mohamed Daou

05 Mars 2012