Partager

jpg_1-3.jpgLes travaux de construction de la nouvelle cimenterie
de Diamou et ceux de la route de Bafoulabé-Kayes ont été lancés dimanche par le chef de l’État, Amadou Toumani Touré. Les deux événements, très attendus par les populations, ont donné lieu à de grandes fêtes.

C’est Diamou qui a accueilli le premier le président de la République avec une population sortie massivement pour lui réserver un accueil enthousiaste.

Au cours de la cérémonie de lancement, le maire de la commune rurale de Diamou, Habibou Diakité, a salué les efforts du président Touré et ceux du gouvernement dans la concrétisation de la construction d’une cimenterie. Toute la population de la contrée se souvient en effet combien cette industrie lourde fut, par le passé, pourvoyeuse d’emplois.

C’est en 1969 que la société des cimenteries du Mali (SOCIMA) fut créée à Diamou pour devenir Imaco-SA de sa privatisation à sa fermeture en 1997. Sa disparition a été fortement ressentie par les habitants de Diamou qui s’apprêtent aujourd’hui à tourner cette page sombre de leur histoire. Car « l’espoir renaît à Diamou avec la pose de la première pierre d’une nouvelle usine de ciment », a confirmé le maire de la localité. Et le président de l’association des ressortissants de Diamou, le colonel Samballa Illo Diallo, d’ajouter que cette cimenterie permettra de résorber le chômage et de faire reculer la pauvreté dans la ville.

PLUS DE 66 MILLIARDS D’INVESTISSEMENT

La société West african cement (Wacem-SA) est l’actionnaire majoritaire de la nouvelle unité industrielle. C’est une société indienne spécialisée dans la production du ciment et qui détient plusieurs usines à travers le monde, a indiqué son président directeur général, Motaparti Prassad. « Nous avons des usines au Ghana, au Togo, au Burkina », a-t-il énuméré. Le PDG de Wacem-SA a annoncé que la cimenterie intégrée de Diamou aura une capacité de production d’un million de tonnes par an. Le site dispose, en effet, de plus de 55 millions de tonnes de calcaire dont plus de 33 millions exploitables. Le montant des investissements est estimé à plus de 66 milliards de Fcfa, a indiqué le patron de Wacem-SA, avant de préciser que la nouvelle cimenterie aura une durée de vie de 30 ans et emploiera environ 1500 personnes, notamment des Maliens et des Indiens.

jpg_2-3.jpgMotaparti Prassad a souhaité bénéficier d’un permis pour exploiter le site de Gonganteri, situé à cheval entre Diamou et Bafoulabé et qui renfermerait d’importantes quantités de calcaire. Wacem-SA, a promis son PDG, respectera toutes les clauses de la convention d’établissement de la cimenterie de Diamou, signée avec le gouvernement malien le 23 décembre 2008. Le président directeur général de Wacem-SA a conclu son discours avec cette bonne nouvelle : « si tout va bien les premiers sacs de ciment « made in Mali » sortiront le 22 septembre 2011 ».

Le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce a confirmé la nécessité de bâtir à Diamou une nouvelle cimenterie qui évitera d’importer du ciment à environ plus de 100 milliards Fcfa par an. Le plus important est qu’avec la nouvelle unité, le ciment sera vendu à 80 000 Fcfa la tonne, alors que la tonne du ciment importé est actuellement vendue entre 125 et 140 000 Fcfa, a constaté Ahmadou Abdoulaye Diallo.

La nouvelle cimenterie de Diamou a un capital de 20 milliards. Wacem-SA en détient 70%. L’État et le privés maliens possèdent 10% chacun et les 10% restants sont contrôlés par l’actionnariat public. Le président Amadou Toumani Touré a remercié la population de Diamou pour son accueil et s’est félicité de la construction d’une nouvelle cimenterie dans la localité. Cette usine, a-t-il indiqué, va combler l’absence d’une cimenterie dans un pays qui dispose pourtant des millions de tonnes de calcaire.

Comme l’a indiqué le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, la région de Kayes dispose en effet de plus de 67 millions de tonnes de calcaire auxquelles il faut ajouter 11 millions de tonnes de marbre. On recense aussi environ 45 millions de tonnes de calcaire, cette fois à Hombori dans la région de Mopti. « Il faut faire en sorte que les Maliens, même les plus démunis, puissent construire en dur. Le Mali n’est pas un pays pauvre. Il nous faut juste un programme et du courage pour mettre en valeurs les ressources minières dont nous disposons », a estimé le président Touré, avant de renouveler son engagement à faire construire une usine d’engrais, afin de combler le vide existant dans ce secteur.

« L’usine portera le nom de Diamou », a tranché le chef de l’État avant d’inviter les jeunes à se battre pour y être embauchés. Il a aussi invité nos compatriotes à investir dans la part du capital de la société réservée au public. Le président Touré a saisi l’occasion pour assurer de la relance du train voyageur dont la gestion sera caractérisée par la rigueur. La cérémonie a pris fin par la pose de la première pierre de la nouvelle usine par le chef de l’État.

DEUX NOUVEAUX PONTS

La délégation présidentielle a ensuite mis le cap sur Bafoulabé où le président Touré a donné le coup d’envoi des travaux de la route Bafoulabé-Kayes. Bafoulabé attendait impatiemment ce jour à en juger par l’impressionnante mobilisation de la population. La place publique où s’est déroulée la cérémonie était noire du monde. C’est dans cette ambiance festive que le maire de Bafoulabé, a pris la parole pour saluer les efforts du président de la République et du gouvernement dans la concrétisation de la route Bafoulabé-Kayes. Une route qui permettra à Bafoulabé de sortir de son isolement et de rattraper le retard pris dans son décollage économique. Makan Diakité a aussi salué les réalisations faites et celles en cours qui doivent permettre à notre pays de se développer.

Le ministre de l’Équipement et des Transports a détaillé les caractéristiques de la voie. D’une longueur de 156 km, la route de Bafoulabé-Kayes coûtera près de 25 milliards Fcfa dont 54% pris en charge par le budget national. Le reste est assuré par le Fonds koweïtien de développement économique, le Fonds saoudien de développement et le Fonds de l’OPEP pour le développement. Ahmed Diane Semega a salué ces bailleurs de fonds avant d’indiquer que les travaux de construction ont été confiés à l’entreprise mauritanienne ATTM et aux Chinois de COVEC pour un délai d’exécution de 30 mois.
Le chef de l’État a annoncé une autre excellente nouvelle aux populations : en plus de la route, Bafoulabé bénéficiera très prochainement de deux ponts. L’un sera construit sur le Bafing et l’autre sur le Bakoye. Les deux ouvrages coûteront plus de 18 milliards Fcfa, a précisé Amadou Toumani Touré. Il a insisté sur l’entretien de la voie qui sera réalisée et demandé aux riverains d’appuyer les entreprises chargées des travaux.

Comme à Diamou, le chef de l’État a demandé aux jeunes de Bafoulabé d’être à la hauteur afin de gagner la confiance des entreprises responsables du chantier.

Le déplacement du président Touré a donc été tout bénéfice pour les habitants de la première région qui réceptionneront bientôt deux importantes infrastructures qui changeront certainement leur qualité de vie.

M. KÉITA

H. KOUYATÉ

Essor du 17 fév 09