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Maimouna Samaké, actrice vedette de la série malienne KARIM & DOUSSOU: « J’aurais pu être la jumelle de Doussou »

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Madame Traoré Maimouna Samaké est un pur produit de l’Institut National des Arts (INA). Après deux ans d’études dans une école de transit, Maïmouna a préféré s’inscrire à l’INA pour y suivre une formation de comédienne, revenant ainsi à son premier amour: le théâtre.

Depuis 2010, elle tient le rôle féminin vedette de la série « Karim et Doussou » d’Afribone Mali dont la saison 2 est attendue par le public. Entretien!

Pourquoi le choix du cinéma et non une autre discipline, l’informatique par exemple ?

Je dirai plutôt le choix du Théâtre car dès ma tendre enfance, j’avais une graine d’artiste qui germait en moi. J’étais celle qui improvisait tout le temps de petits sketches lorsqu’il y avait un regroupement d’enfants. Par exemple, je faisais mine de passer un coup de fil à notre chef de bande, en racontant des blagues accompagnées de gestes loufoques qui faisaient la joie de mes camarades.

Je peux dire que cela à beaucoup influencé mon orientation artistique. Et c’est d’ailleurs grâce au théâtre que j’ai eu l’opportunité de décrocher mon premier rôle dans le cinéma. J’étais encore « une bleue » à l’INA quand j’ai joué le rôle de « Mama » dans « Dou, la famille », du réalisateur Boubacar Sidibé.

Vous êtes l’héroïne de la sitcom « Karim & Doussou », la mini série créée par AFRIBONE. Pouvez-vous décrire aux Afrinautes, comment est-ce que vous avez été choisie pour incarner ce rôle ?

En 2008, j’ai participé à un casting organisé par AFRIBONE. Il s’agissait d’essayer d’entrer dans la peau de l’un des principaux personnages. Dans mon cas, c’était bien sûr celui de Doussou. J’ai participé à ce concours avec plusieurs de mes consœurs et par chance, le choix d’Afribone s’est porté sur ma modeste personne.

Généralement, dans la sous-région, les spectateurs ont souvent du mal à dissocier la fiction de la réalité : comment expliquez-vous ce phénomène et, surtout, en avez-vous souffert?

Personnellement, ce manque de discernement entre réalité et fiction dans la vie des comédiens ne me gêne pas en tant que tel. D’ailleurs, j’estime que cette confusion est plus flatteuse qu’autre chose. Car, si le public a tendance à confondre le comédien avec l’un des personnages qu’il a incarné, c’est que quelque part, il a su interpréter à merveille le rôle qu’on lui a attribué. Par contre, ce que je déplore, ce sont les agressions dont nous sommes quasiment tout le temps victimes.

J’ai été plusieurs fois agressée verbalement après la diffusion de « Dou, la famille », pour mon interprétation de Mama. J’ai été traitée de « traîtresse » vis-à-vis de Ballo, un autre personnage de cette série, ainsi que de « moins que rien » et de « femme indigne » pour avoir chanté pour un homme qui n’éprouvait rien pour moi.

Et pour la petite histoire, une fois en rentrant chez moi, un vieux monsieur m’a interpellée de loin et j’ai donc rebroussé chemin pour venir l’écouter. Il attendit que j’arrive à son niveau pour me dire ceci : «Ah tiens, c’est toi Mama ! Tu fais ton petit malin à Ballo, alors qu’il t’a mise enceinte (en désignant mon ventre). Tu n’as pas honte de ton comportement ? »
Vous devinez aisément mon embarras : non seulement j’étais fatiguée car ma grossesse était presqu’à termes mais en plus, subir les remontrances d’un parfait inconnu ?! J’avoue que ce jour là, j’ai failli craquer ! Je ne vous apprends rien sur la sensibilité exacerbée d’une femme enceinte…

Je prie le public d’essayer de faire la part des choses en comprenant qu’un acteur à une vie et un caractère qui lui sont propres. Il faut éviter les amalgames.

Vous partagez la scène de « Karim & Doussou » avec votre véritable époux qui est N’Dji Traoré. Si le rôle de Karim avait été attribué à un autre que lui, auriez-vous eu de la réticence à interpréter Doussou ?

Pas du tout ! J’aurais eu exactement le même jeu avec un autre acteur. Ce n’est que de la fiction, et je ne fais qu’interpréter un rôle. Et quand on joue, on ne doit pas faire les choses à moitié sinon on risque de fausser le jeu. L’acteur doit être à même de s’imprégner totalement du rôle attribué. Peu importe les affinités qu’il a avec son partenaire de scène. S’il souhaite réellement répondre aux attentes de son réalisateur et de son public, il faut que son jeu laisse primer les aptitudes suivantes: le naturel et le talent. D’ailleurs, je sais avec certitude que mon mari partage ma vision. Il aurait agi de même à ma place.

Sans tomber dans la confusion des genres, pensez-vous que Maïmouna et Doussou se ressemblent un peu ?

Oui !

Et quels sont les traits de caractère que vous partagez avec Doussou ?

Sans aucune hésitation, la jalousie ! Je suis aussi jalouse sinon davantage que Doussou. Et le plus drôle, c’est qu’il existe une réelle similarité entre ma vie de couple et celle de Karim et de Doussou que retrace cette série. Nous avons à peu près les mêmes projets, les mêmes problèmes, les mêmes joies… Donc, je pourrais même dire que Doussou et moi aurions pu être jumelles.

Des projets en perspective ?

Je ne suis sur aucun plateau de tournage en ce moment. Mais en tant que fonctionnaire d’état au Palais de la Culture, je fais partie du groupe dramatique et nous sommes actuellement dans la préparation de nouveaux spectacles.

Un conseil à donner à vos cadettes qui voudrait embrasser le métier d’actrice ?

Je leur demanderai d’être rigoureuses et assidues pendant leurs études. Le métier que nous exerçons est loin d’être facile même si beaucoup de gens pensent le contraire. La concentration, la discipline et l’apprentissage des cours doivent être leurs priorités. En un mot, qu’elles s’impliquent sans demi-mesures pour devenir de bonnes actrices.

Interview réalisée par Aïssata Sanogo

AFRIBONE | 10 mai 2013