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En plus du chef du gouvernement, on notait la présence de plusieurs ministres, des délégués venus de plusieurs pays, Daniel Eklu Directeur de l’Agriculture du Développement Rural et de l’Environnement du NEPAD. Plusieurs allocutions ont été prononcées au cours de cette cérémonie d’ouverture.
Rappelons que cette rencontre est la 3è du genre après celle organisée à Dar-es-salam et à Maputo. Elle vise à donner au Secrétariat du NEPAD et à ses partenaires tels la FAO et le G8, l’opportunité de discuter et de rechercher les voies et moyens pour la mise en oeuvre effective du PDDAA, en prélude à la réunion de synthèse avec les principaux partenaires au développement prévue à Accra en avril 2005.

Oumar Hammadou Dicko, ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine a d’abord rappelé le but du NEPAD. « C’est un engagement des dirigeants africains vis-à-vis de leurs peuples et de la communauté internationale fondée sur une vision commune et la conviction ferme et partagée, qu’il leur incombe d’assurer le leadership de la bonne gouvernance économique et politique du continent en vue de son insertion harmonieuse dans l’économie mondiale ».
Les Chefs d’Etat et de gouvernement africain, en décidant de faire de l’agriculture l’une des priorités du NEPAD, ont compris que la voie la plus rapide et la plus sûre pour l’éradication de la pauvreté était l’autosuffisance alimentaire du continent, a ajouté le ministre Dicko.

Pour atteindre ses objectifs, le NEPAD a opté pour une stratégie de recours aux investissements privés et de promotion des espaces régionaux qui offrent un plus grand marché aux industries africaines et de plus grandes opportunités aux investisseurs étrangers, comparativement aux Etats pris individuellement. Les communautés économiques régionales constituent le niveau sous-régional de planification, de coordination et de contrôle du parcours d’intégration.

Daniel Eklu, Directeur de l’agriculture, du développement rural et de l’environnement du NEPAD représentant du Secrétaire Exécutif de la CEDAO a remercié nos autorités pour avoir accepté d’abriter cette rencontre. Il a affirmé la vision de la CEDEAO qui est d’aller vers l’intégration régionale. Les Etats de la CEDEAO attendent les autres organisations sous-régionales et réseaux d’acteurs afin qu’ils agissent ensemble.

Il a parlé des dynamiques régionales de la CEDEAO qui sont entre autres :
– un processus de dialogue entre les OIG de la région au sein du cadre de concertation, ce qui permet d’harmoniser et de mieux exploiter les complémentarités et de développer une synergie régionale ;
– la mise en oeuvre de politiques communes (agricole, environnementale) conformes aux priorités du NEPAD, notamment le PDDAA ;
– le développement et la mise en oeuvre de programmes régionaux permettant de réaliser les orientations et les axes d’intervention prioritaires définis dans ces politiques ;
– le renforcement des capacités de négociation pour la prise en charge des enjeux et priorités agricoles dans les négociations commerciales unilatérales.

Il a affirmé que l’espoir que suscite le NEPAD procède de la méthode nouvelle d’appréhender les problématiques de développement en Afrique.
Non pas que le diagnostic des problèmes soit bien différent, mais c’est la manière de les affronter, c’est-à-dire la prise en charge par les Africains eux-mêmes de leur destinée qui introduit une rupture avec le passé a martelé le Directeur de l’agriculture. Il a lancé un appel aux dirigeants africains.

A ses dires, « le NEPAD ne pourra réussir qu’à la condition que les responsables jouent effectivement leur rôle ».

Dans son allocution d’ouverture, Ousmane Issoufi Maïga, Premier ministre a affirmé que le secteur agricole constitue un socle important du développement économique et social, parce que la sécurité est pour tous une priorité absolue.

Malheureusement, ajoute-t-il, dans tous nos pays, ce secteur est tributaire des aléas climatiques, des attaques des déprédateurs et des maladies animales. Ceci démontre à suffisance l’importance qu’il convient d’accorder à la planification de la mise en oeuvre du programme détaillé du développement de l’agriculture africaine. Les sous-régions Afrique de l’Ouest et Afrique du Centre regorgent de potentialités dans le secteur agricole, qui ne demandent qu’à être mises en valeur.

Paradoxalement, ces pays sont dans une situation d’insécurité alimentaire et de faible compétitivité de leur secteur agricole.

Ousmane Issoufi Maïga a parlé de la mise à disposition à la CEN-SAD de 100.000 ha de terres en zone Office du Niger par le Mali.

Selon lui, dans le cas de l’agriculture, le rôle du secteur privé est crucial. Il doit être associé à la concertation pour investir dans le secteur agricole et tirer profit des plus values créées par l’intégration des filières sur une base régionale.

Mamadi TOUNKARA

16 Mars 2005