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Les résultats des examens du baccalauréat, du DEF et des instituts de formation des maîtres (IFM) se font impatiemment attendre à cause d’une rétention de notes qui ne dit pas son nom. Décidés à voir leurs doléances aboutir, des enseignants campent toujours sur leur position en bloquant les notes de classe. L’impatience et la crainte gagnent élèves et parents d’élèves.

En début de l’année 2006, les syndicats d’enseignants ont formulé des doléances au niveau de la Fédération de l’éducation nationale (Fen) qu’ils ont déposées sur la table du gouvernement. Ces doléances concernent l’augmentation du taux de correction, du taux de surveillance, de l’attribution d’une prime de logement et les indemnités de fonction pour les censeurs et les surveillants généraux.

Les négociations avec le gouvernement, qui ont enregistré des suggestions et des contre suggestions, ont tellement traîné, que le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Synesup) avait déclenché, on s’en souvient, une grève.

La grève qui a été déclenchée par la suite avait permis au Synesup d’avoir satisfaction sur certains poins de revendications comme l’augmentation du taux de surveillance (3000 F CFA par jour), du taux de correction (460 F CFA par copie) valables pour tous les enseignants et surtout une « indemnité de recherche » pour les enseignants du supérieur.

Ce qui n’a pas été suffisant pour certains syndicats comme le Syndicat national des travailleurs du secondaire (Syntses) et le Syndicat des enseignants contractuels, qui réclament notamment une prime de logement et une hausse des propositions du gouvernement par rapport aux différents taux.

Pour des syndicats, « l’indemnité de recherche accordée aux enseignants du supérieur est une autre dénomination que le gouvernement a sciemment inventé pour contrecarrer cette même revendication par les autres syndicats ».

Blocage

En outre, le gouvernement aurait fait, de l’avis de certains syndicalistes, un travail fractionnel en négociant avec des syndicats sans associer d’autres. Ceux qui se sont sentis lésés ont donc choisi de mettre tout leur poids dans la balance pour se faire entendre et obtenir une révision des propositions du gouvernement. Ce qui a motivé la rétention des notes.

Ainsi, du 1er trimestre de l’année scolaire 2006-2007 jusqu’à aujourd’hui, les élèves du secondaire et des instituts de formation des maîtres (IFM) n’ont pris connaissance d’aucune de leurs notes et aucune moyenne n’a été communiquée à l’administration chargée de la publication des résultats, qui semble être plus que jamais bloquée.

C’est seulement au lycée Bouillagui Fadiga que les résultats du 1er trimestre ont été révélés aux élèves, car l’administration de ce lycée n’était pas au courant de la mesure.

Selon certaines sources, d’intenses négociations sont en cours entre les deux parties pour un dénouement heureux. Si les résultats du baccalauréat venaient à être publiés avec seulement les moyennes obtenues dans les salles d’examen, les conséquences directes seraient un très faible taux de réussite et d’interminables problèmes d’inscription des admis dans les universités étrangères.

Les candidats et le gouvernement ont donc intérêt à ce qu’il y ait un consensus.

Ogopémo Ouologuem (stagiaire)



Attitude dubitative des enseignants

Il est vraiment difficile de cerner l’attitude des enseignants, qui ont décidé de surveiller les examens et de corriger les copies sachant bien que leurs revendications n’étaient pas satisfaites.

Nombreux sont les parents d’élèves qui ont du mal à comprendre les motivations réelles de cette attitude d’autant plus que, pensent-ils, les enseignants avaient la possibilité de prendre les examens en « otage » en refusant de les surveiller et de les corriger jusqu’à nouvel ordre.

En tout cas, le blocage créé par les enseignants à ce niveau est très mal vu.

O.O

11 juillet 2007.