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La directrice de l’école primaire de Manenberg, une cité-dortoir du Cap, a été témoin ces dernières années d’une exécution sommaire devant l’entrée de l’établissement — un homme abattu de trois balles en pleine tête — et a perdu un élève, tué dans une fusillade mais après la classe. Mais la violence des gangs qui se battent pour contrôler le trafic de drogue n’a jamais été pire que cette année. Ils ont transformé le quartier en quasi zone de guerre: les balles fusent, empêchant les enfants de dormir et d’aller à l’école. Depuis l’apartheid et la construction de ces logements collectifs dans un quartier destiné à tenir à l’écart les métis, Manenberg a toujours été synonyme de violence. En août, le risque de balles perdues a atteint un niveau insoutenable. De juin à mi-août, il y a eu dix morts, dont sept en juillet. « En juin, on avait une moyenne de quatre à cinq fusillades par semaine. En juillet c’est monté à 24 voire 31 en une seule semaine », précise Chris Bauermeester, surintendant de l’unité de police du Cap. Mi-août, une quinzaine d’établissements de ce quartier ghetto sont restés temporairement fermés, et 12.000 élèves strictement consignés chez eux après une explosion du nombre de fusillades quotidiennes. Depuis, plus d’une centaine de policiers ont été déployés à grand renfort de sirènes et de gyrophares, et un semblant de trêve s’est instauré entre gangs rivaux, les Americans et les Hard Livings, sans faire revenir la tranquillité mais apportant un peu de répit. Des hommes ont créé des couloirs de sécurité pour que les enfants puissent se rendre à l’école, et des policiers en faction ont fait leur apparition à l’entrée des établissements. AFP