Partager

« Dure », « serrée », « pas du tout facile » : les qualificatifs, pour les nouvelles honorables, ne manquent pas pour décrire la campagne électorale des législatives de juillet dernier. Dix d’entre elles, ont livré leurs premières impressions, hier, au cours d’une journée de prise de contact organisée par la Cafo , le GP/DCF et le NDI, sur financement de l’ambassade royale du Danemark au Mali.

A cinq jours de la rentrée parlementaire, les femmes élues à l’Assemblée nationale ont fait, hier, une première prise de contact pour se côtoyer, échanger entre elles et peaufiner les stratégies à mettre en œuvre pour bien défendre les causes de leurs sœurs au cours de la prochaine législature. C’était à la faveur d’une rencontre initiée par la Coordination des associations et ONG féminines ( Cafo ), le Groupe pivot/Droit et citoyenneté des femmes (GP/DCF) avec l’appui technique du National Democratic Institute (NDI).

L’objectif principal de cette journée, présidée par Mme Kadidia Diarra, représentante du ministre de la Promotion de la femme, était d’informer ces nouvelles honorables sur des questions pratiques comme la composition du bureau de l’Assemblée nationale, le mode de désignation de ses membres, la composition et le rôle des commissions, le règlement intérieur, les conditions de formation, l’organisation et les rôles des groupes parlementaires.

« Votre élection est loin d’être un fait banal car vous constituez une force spéciale sur les 147 élus à l’AN. Vous avez un rôle et une responsabilité énormes car vous devez porter à l’hémicycle les préoccupations des femmes » , s’est adressée le premier conseiller de l’ambassade du Danemark Tine Anbok aux élues.

Abondant dans le même sens, Mme Oumou Touré de la Cafo les a exhortées à s’unir pour une solidarité agissante. « Amazones aux mains nues, espoir des 51 % de la population du Mali, vous devez vous battre pour la défense de vos droits » , a-t-elle lancé. Et d’ajouter que cet exercice est le début d’un long processus devant aboutir à une réelle promotion féminine et à la « féminisation » du visage de notre démocratie.


Paroles d’honorables

Tour à tour, les élues présentes, 10 sur 15, ont livré leurs premières impressions sur le déroulement de la campagne et sur les perspectives. Beaucoup d’elles ne sont prêtes, en tout cas, à oublier les longues nuits blanches de campagne électorale. « Ça n’a pas été du tout facile. Nous avons eu une lutte acharnée avec les hommes. Ils n’ont surtout pas été indulgents avec les femmes » , a déclaré Dicko Fatoumata Dicko , agent comptable de EDM, élue à Douentza.

Même cri de cœur pour les doyennes Sissoko Fanta Mantjini Diarra et Coulibaly Kadiatou Samaké qui vont entamer leur deuxième mandat en Commune V. « La lutte a été très dure. Notre liste était confrontée à celle d’un opérateur économique riche. Mais, c’est l’expérience et le savoir-faire qui nous ont différenciés » , a souligné la vice-présidente de l’URD Kadiatou Samaké pour qui, « on ne se lève pas à la dernière minute pour être candidat. Il faut apprendre à fréquenter tes concitoyens et à connaître ta circonscription ».

Pour sa colistière, du Cnid , Fanta Mantjini, « n’eut été les stratégies dégagées, on n’allait pas passer. C’était un véritable combat. Ce qui m’a marqué, ce sont les femmes qui ont défilé à côté de l’argent pour voter pour nous ».

Les honorables Saran Sinaté (URD, Sikasso), Diakité Djénebou Maguiraga , ( Adéma /PASJ) qui se définit comme la paysanne de la CMDT, élue à San , Djiré Penda Traoré de Ségou, Diakité Minata Sidibé de Dioïla , Dembélé Mariam Diassana de Tominian, Touré Kadiatou Maïga de Kati soutiennent qu’elles doivent leur élection, surtout, aux femmes rurales. Ce qui n’a pas été le cas pour Camara Saoudatou Dembélé, élue MPR en Commune VI pour qui, « les femmes n’ont pas soutenu les candidatures féminines ».

Une certitude cependant : toutes sont animées d’une seule volonté, c’est-à-dire faire un bloc malgré leur minorité pour tenir tête aux hommes et défendre les causes de la gent féminine.

Sidiki Y. Dembélé

30 août 2007.