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Un haut responsable des Nations unies a rapporté jeudi avoir vu au Soudan du Sud des cadavres de civils qui avaient été ligotés avant d’être tués, dans le conflit qui déchire le jeune pays depuis un mois. Tant le camp du président sud-soudanais Salva Kiir que celui de son rival, l’ancien vice-président Riek Machar, ont été accusés d’avoir commis des atrocités dans ce conflit. Et, alors que les Nations unies ont assuré qu’elles enquêteraient sur les crimes contre l’humanité, le secrétaire général adjoint aux droits de l’homme Ivan Simonovic a expliqué que 92 enquêteurs se trouvaient sur place. Leur premier rapport, a-t-il annoncé, devrait être publié dans environ deux semaines. Après une visite sur place, M. Simonovic a qualifié Bentiu, la capitale de l’Etat de l’Unité, de « ville fantôme ». Selon lui, les combats ont chassé la quasi-totalité des 40.000 habitants de la ville. »Dès qu’un camp reprend le contrôle de Bentiu, il commet des violations des droits de l’homme et tue des civils ». « Nous avons vu entre 15 et 20 cadavres en état de décomposition dans la rue. Manifestement les civils sont ligotés avant d’être tués », a-t-il ajouté. Les affrontements entre les deux rivaux ont fait de nombreux morts, les chiffres allant de plus d’un millier à quelque 10.000, et des centaines de milliers de déplacés. L’ONG détaille des « tueries généralisées », dont le massacre le 16 décembre à Juba, la capitale, de 200 à 300 hommes, tués par les forces de sécurité gouvernementales qui ont « tiré systématiquement » sur des membres de l’ethnie Nuer enfermés dans un local. AFP.