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Les immigrés africains en Occident et particulièrement en France ne sont pas au bout de leurs peines. Selon le journal « Le Monde », une centaine de travailleurs étrangers dont la plupart sont des Maliens et des Sénégalais ont été arrêtés par des policiers de la Préfecture du 13e arrondissement de Paris. La scène de violence aurait fait des blessés. Certains parmi les interpellés risquent d’être expulsés.

« Mardi matin 12 février, des dizaines de voitures de CRS et des centaines de policiers bouclent le secteur situé entre la porte d’Ivry et la station de métro Olympiades, dans le 13e arrondissement de Paris. Le dispositif est impressionnant : les services de la préfecture de police procèdent depuis l’aube à un contrôle inopiné et à des centaines d’interpellations dans un foyer situé à l’angle de la rue Albert et de la rue des Terres au Curé », a remarqué notre confrère Le Monde.

En effet, ces étrangers, estimés à environ 300 et majoritairement des Maliens et des Sénégalais, ont été cueillis à froid par l’énorme dispositif de policiers venu leur barrer la route de sortie avant qu’ils n’aient le temps de vaquer à leurs occupations respectives. La raison avancée par un magistrat instructeur est « l’existence de filières de logeurs hébergeant à prix fort des travailleurs étrangers dans des conditions insalubres dans le quartier ». A en croire les responsables locaux, ce raz-de-marée vise à mettre fin à « la sur-occupation » et à l’insalubrité, deux raisons qui ont eu des conséquences dramatiques sur les immigrés africains par le passé.

D’ailleurs la préfecture a informé que le foyer a « un taux d’occupation deux fois supérieur à sa capacité d’accueil ». « La plupart des chambres, disposant de trois lits, servent à loger entre cinq et six personnes, pour la plupart des membres de la famille des résidents récemment arrivés en France et en attente d’une autre solution de logement », a ajouté, Mylène Stambouli, adjointe (Verts) au maire de Paris Bertrand Delanoë, chargée de la lutte contre l’exclusion.

Mais, ce dernier reconnaît volontiers qu’il y a d’autres raisons à cette chasse aux sorcières, particulièrement la détection des sans papiers, qui devront certainement dire au revoir à l’Hexagone. « D’ici quarante-huit heures, certains des résidents interpellés seront relâchés ; d’autres, dont les papiers n’étaient pas en règle, risquent d’être envoyés en centre de rétention », a-t-elle laissé entendre.

Tout en dénonçant la violence avec laquelle ce qui est qualifiée être l’une des plus grandes opérations en France ces derniers temps, les immigrés n’entendent pas pour autant se résigner. Selon Makam Tounkara, le délégué du foyer, « à l’intérieur du foyer, les portes ont été défoncées, le bureau du gérant a lui aussi été saccagé. Un habitant raconte avoir été violemment bousculé et mis à terre. Deux d’entre eux ont été légèrement blessés durant cette opération qui a duré plusieurs heures, jusque peu après 8 heures du matin ».

L’ambition est maintenant de dénombrer le nombre d’étrangers interpellés, estimé à 107 par certains, mais surtout de « faire en sorte que le plus grand nombre d’entre eux soit relâché ». Toutes choses qui s’avèrent d’ores et déjà difficiles parce que l’ordinateur du foyer dans lequel sont enregistrés les noms des occupants a été endommagé dans l’opération sans oublier l’acharnement dont les étrangers font l’objet aujourd’hui en France.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

13 février 2008.