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Au moment où nous mettions sous presse ce numéro de L’Aube, nous avons appris que le juge Yaya Karembé, chargé d’instruire le dossier des militaires disparus, a requalifié les charges contre le général Amadou Haya Sanogo. Ce dernier est désormais poursuivi pour enlèvement, assassinat et complicité d’assassinat, après la découverte d’un charnier où étaient enterrés 21 bérets rouges.

Alors que l’identification des dépouilles était encore en cours, la partie civile (les familles des bérets rouges, l’Amdh et la Fidh) voulait une requalification des charges à l’encontre des présumés auteurs de ce crime imprescriptible, dont Amadou Haya Sanogo. A cet effet, une demande a été adressée au juge d’instruction, la semaine dernière. “La découverte de ces 21 corps représente à la fois une triste nouvelle pour les familles des disparus mais aussi un pas important vers la vérité et l’établissement des responsabilités pénales individuelles.

Les proches des disparus restent dans l’attente d’une identification formelle des dépouilles découvertes, mais nous allons demander au juge, au nom des familles des victimes, la requalification des charges à l’encontre des présumés responsables de ce que l’on peut maintenant qualifier d’assassinats” a expliqué, dans un communiqué, le président de l’Amdh et avocat des victimes, Me Moctar Mariko. Aussi, Moctar rappelle leur soutien aux efforts entrepris par le juge d’instruction dans cette affaire.

Ainsi, l’étau se ressert autour des tombeurs d’ATT et acolytes qui, en mai 2012, ont sévèrement réprimé la tentative de contre coup d’Etat menée par les parachutistes (bérets rouges) de Djicoroni Para. Et le chef du gang, Amadou Haya Sanogo, ne peut plus s’attendre à un simple procès pour complicité d’enlèvement, tant le juge Yaya Karembé est déterminé à réparer comme il se doit cette barbarie humaine digne d’un autre temps.

Pour mémoire, le juge d’instruction en charge du dossier a, sur indications de certains inculpés, retrouvé un charnier à Diago, non loin de Kati, contenant des ossements de 21 personnes portées disparues depuis les affrontements sanglants du 30 avril au 1er mai 2012. leo. En début du mois de novembre dernier, ce juge avait délivré 15 mandats d’amener à l’encontre de hauts responsables de la junte militaire, et procédé à 7 inculpations, dont celle de Amadou Haya Sanogo qui est, depuis le 27 novembre dernier, sous mandat de dépôt pour complicité d’enlèvement.

Soumaïla T Diarra

L’Aube du 12 Décembre 2013