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Le Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, a remis mardi son rapport annuel de vérification au président de la République. Contrairement à ce qu’il soutenait précédemment, à savoir qu’il ferait trembler la République, le Végal n’a finalement brassé que du vent.

Le rapport annuel de 2009 du Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, remis mardi au président de la République Amadou Toumani Touré, fait la synthèse de 43 rapports relatifs à ses missions de vérification effectuées dans 40 services publics.

Neuf secteurs ont intéressé le Végal : développement rural, infrastructures, assiette et recouvrement, santé, solidarité, recherche scientifique, emploi et formation professionnelle, finances publiques, élections et justice. En tout, 39 missions ont été effectuées à l’initiative même du BVG et 4 autres suite à des saisines en application de l’article 11 de la loi qui le crée.

En remettant son rapport au président ATT, M. Diarra a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour une gestion transparente et efficiente des ressources, la bonne gouvernance tout court. Et de conclure que le gouvernement « peut mieux faire ».

Sur les 40 structures vérifiées, le rapport indique que 22 ont fait ressortir « des préjudices financiers importants causés à l’État, dont certains, fort heureusement, peuvent être immédiatement réparés ». Ces préjudices seraient-ils dus à la mauvaise conservation des documents comptables ou à des dysfonctionnements des verrous de sécurité de l’application informatique comme le prétend le BVG ?

Sidi Sosso Diarra recommande l’audit du système d’information de la chaîne des dépenses publiques dans lequel il dit « constater de nombreuses faiblesses ». Est cela le rapport explosif du Végal ?

Dans notre édition du mercredi 7 juillet 2010 nous écrivions que : « Sidi Sosso Diarra promet un rapport explosif ». Le Vérificateur général avait, en effet, accordé une interview à Jeune Afrique dans laquelle il effleurait certains dossiers comme l’Initiative riz, un projet piloté par la Primature, la privatisation des Huileries cotonnières du Mali (Huicoma).

Des dossiers tous connus du Malien lambda. Il y a lieu de s’interroger sur la sincérité de ce rapport vu les circonstances qui ont par ailleurs entouré sa remise au président de la République. Jamais une remise du rapport du BVG n’a été aussi peu médiatisée. Seuls trois médias dont deux publics (Essor et ORTM, cela se comprend) ont pu assister à la cérémonie de remise.

Et le chiffre de 112 milliards de manque à gagner par l’Etat aurait été avancé par certains agents du BVG. En effet, pour celui qui a lu le discours du Végal disponible sur son site, il a constaté qu’aucun chiffre en termes de perte économique pour l’Etat n’est avancé. Sidi Sosso a-t-il été dissuadé dans son entreprise de tout déballer sur la place publique ? Où réserve-t-il ses « révélations » à la conférence de presse qu’il doit en principe animer mardi prochain après avoir remis leurs copies aux présidents de l’Assemblée nationale et la Cour suprême ?

Attendons de voir ! Mais à un an de la fin de sa mission, le Vérificateur général voulait bien partir la tête haute, et fier d’avoir accompli du mieux qu’il pouvait la mission que le chef de l’État lui a confiée. A-t-il déjà raté le coche ?

Denis Koné

05 Août 2010.