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Avec déjà quatre députés dans son bureau, la Convergence pour le développement du Mali (Codem) ambitionne de compter parmi les premières forces politiques du pays et donner à la politique un sens. C’est en tout cas l’appel lancé par le secrétaire général et le 5e vice-président du parti, qui étaient face à la presse lundi après-midi.

Quarante-huit heures après son assemblée générale constitutive, la Convergence pour le développement du Mali (Codem) était face à la presse.

Avec les hommes de médias, son secrétaire général, Alassane Abba, et son 5e vice-président, Harouna Traoré, sont revenus sur les raisons de la création de la Codem, son ralliement politique et son projet de société. Les deux membres ont également livré le point de vue de leur parti sur la situation que vit le pays.

Selon les conférenciers, la création de la Codem est l’aboutissement d’un long processus de concertations et d’analyses de la situation socio-politique. « Nous voulons donner à la politique son sens et réhabiliter le politicien ».

Ancien député élu sous les couleurs du parti de l’Abeille (1997-2002), Alassane Abba, député indépendant élu à Goundam, a tenu à informer de leur appartenance politique. « Nous soutenons les actions du président de la République et nous allons travailler davantage pour la consolidation des acquis tout en comptant sur notre propre force ».

La Codem, selon son 5e vice-président, n’appartient à aucun bord politique. « Nous ne faisons partie ni de l’ADP ni du FDR. Les organisations politiques sont montées de toutes pièces. Nous n’allons pas rentrer dans ce jeu. On vient pour servir de catalyseur ».

M. Traoré a réaffirmé que le benjamin des partis va compter sur sa propre force, se faire une place sur l’échiquier politique national. Déjà, ont-ils affirmé, la Codem va former son groupe parlementaire. A en croire, M. Abba, des discussions sont en cours pour l’adhésion de plusieurs députés.

« Nous ignorons pour le moment le nombre exact », s’est-il empressé d’ajouter. Ces élus, ont-ils poursuivi, vont s’atteler à l’implantation des structures de base. « Nous avons des centaines de conseillers municipaux. Nous allons encore travailler pour avoir plus de conseillers aux élections à venir et insuffler un sang nouveau à la politique ».

A la question de savoir comment ils comptent apporter ce changement, les conférenciers ont répondu. « Nous allons mener un travail de sensibilisation très propre à la base. L’argent ne jouera pas. Nous pensons qu’il y a une façon de faire la politique autrement ».

Se prononçant sur la cherté de la vie, les conférenciers ont fait savoir qu’il faut revoir la base salariale du Malien, une condition indispensable.

Placer le développement au centre de la politique et compter sur ses forces propres pour atteindre le bien-être social est le créneau du parti qui pense que les exonérations ne sont pas une solution à la cherté. « Il faut aller à la terre. L’Office du Niger est la meilleure solution ».

S’agissant de l’école, la Codem propose les Etats généraux de l’enseignement au Mali. « Aujourd’hui, l’école est un secteur téléguidé par l’extérieur ». La crise actuelle peut trouver sa solution dans le dialogue. « Nous demandons à l’Etat de se ressaisir ».

A propos des attaques des camps militaires par des bandits, M. Abba et son 5e vice-président, tous ressortissants du Nord, ont estimé que la « rébellion » ayant une racine très profonde, un dialogue serein serait le bienvenu.

Toutefois, ils n’ont pas écarté l’option de la fermeté. « L’Etat doit garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. L’Etat a le droit d’aller où il veut et quand il veut », ont-ils martelé.


Amadou Sidibé

28 Mai 2008