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Les 6 wagons qui ont basculé ont été fortement endommagés.

Capital Transit est un des clients durement frappés par la catastrophe. « Nous avons 12 wagons de riz, ils ont tous dérapé. Nous avons pour le moment déchargé deux wagons sur lesquels une centaine de sacs étaient ouverts« , a indiqué son représentant Bangaly Kouyaté.

Selon le directeur régional de Transrail, Sidi Yaya Fofana, la rame en provenance de Dakar avait commencé à zigzaguer au niveau de la mairie centrale. Sous l’effet du choc, deux conteneurs se sont détachés de la plate forme pour tomber sur le mur de la mairie centrale du district. Le convoi qui était déjà très déséquilibré a déraillé dans la cour de la gare.

Une quinzaine de wagons a quitté les voies tandis que la locomotive poursuivait sa course folle jusqu’au Railda où elle a touché un taxi. Il y a, heureusement, eu plus de peur que de mal. Le conducteur du taxi s’en est sorti avec une fracture à la clavicule et sa cliente a été légèrement blessée.

Hier, les travaux de réhabilitation des voies dans la gare étaient en cours. Une trentaine d’ouvriers étaient en train de dégager les wagons et les rails endommagés à l’aide d’une grue. Du côté de Transrail, on estime que la réhabilitation des voies va nécessiter de gros moyens. « Il faut dégager les wagons endommagés et poser de nouveaux rails là où ils sont pliés. Il faut encore deux ou trois jours pour la reprise normale du trafic », prévoit Sidi Yaya Fofana.

Le directeur régional de Transrail a la certitude que cet accident va occasionner de grosses pertes à la société compte tenu de l’arrêt momentané du trafic.

« Depuis que l’accident est survenu, aucun train n’est entré en gare de Bamako. Le trafic est pour le moment interrompu. Ce qui va beaucoup jouer sur nos recettes journalières« , a-t-il indiqué. « Le jour du déraillement le train voyageur a été immobilisé à Kati alors que Transrail avait déjà vendu les billets pour le départ du lendemain. Donc on sera obligé de rembourser les clients. Aussi le train marchandise, victime de l’accident, devait retourner à Dakar le lendemain.


L’annulation de ce voyage cause une perte énorme à la société
« , détaille Sidi Yaya Fofana en donnant l’exemple d’un train chargé qui quitte Dakar pour Bamako : sa recette est de 35 millions Fcfa sans compter les recettes générées par le train voyageur.
L’accident est-il dû à une défaillance technique ou à l’état des installations ? Cette question n’a pas encore reçu de réponse.

La commission d’enquête montée par Transrail doit normalement déposer son rapport aujourd’hui. « Lorsque l’accident s’est produit, une commission d’enquête a été mise en place le même jour. Elle a 72 heures pour déposer son rapport. En attendant, on ne peut rien vous dire sur les causes de l’accident« , a précisé le responsable régional de l’entreprise.

Nul ne doute du danger que représente l’accident d’un train en plein centre de Bamako où la circulation est toujours dense. L’accident de mardi n’a heureusement pas causé de mort d’homme contrairement à des cas précédents, mais on n’est pas passé loin de la catastrophe avec ce taxi qui a miraculeusement échappé à une locomotive incontrôlable après s’être libérée du convoi qu’elle tractait.

Comment prévenir une catastrophe potentielle à Bamako? Le directeur régional de Transrail répond : « chez nous les distances réglementaires entre les maisons et les voies ne sont pas respectées. Même la mairie du district n’a pas respecté les règles.

C’est ça qui fait que chaque fois qu’un train déraille, les dégâts sont très souvent énormes. Nous n’avons pas les moyens, comme dans les pays développés, de construire en hauteur les voies ferrées dans les villes pour protéger les citoyens« . Il n’y aurait donc aucun remède au risque posé par les passages à niveau ? Difficile à admettre.

M. KEITA

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Lutte contre l’insécurité routière : la gendarmerie en première ligne

Ce constat a incité la direction des écoles de la gendarmerie nationale et les unités motocyclistes de la gendarmerie (ou motards) à organiser conjointement hier à la caserne « Chef d’escadron Balla Koné » de Faladié, une conférence sur la sécurité routière.

La direction des écoles de la gendarmerie nationale était représentée par le lieutenant-colonel Diamou Keïta et les unités motocyclistes de la gendarmerie par leur commandant de compagnie, le capitaine Noumoutié Camara.

Organisée à l’intention de 140 gendarmes, tous des commandants de brigade (CB) ou adjoints aux commandants de brigade (ACB), la session était animée par Malick Kassé et Mamadou Sow, respectivement chef de la division études et planification et inspecteur des permis de conduire à la Direction nationale des transports terrestres maritimes et fluviaux.

L’importance du sujet n’est plu à établir dans une société qui enregistre ces dix dernières années, une multiplication des automobiles et engins à deux roues. Instruments essentiels de liberté individuelle et de progrès économique, symbole de la société technicienne, la voiture et la moto sont aussi de tragiques facteurs de risque pour toute la population.

Le lieutenant-colonel Diamou Keïta a salué la tenue de la conférence et manifesté son inquiétude vis-à-vis du phénomène de l’insécurité routière croissante. Cette insécurité est devenue, constatera-t-il, l’une des causes de mortalité et de handicap et affecte toutes les couches sociales de notre pays.

Le directeur des écoles de la gendarmerie a esquissé une définition simple de la sécurité routière : un ensemble de règles et de services visant à la protection des usagers de la route. Cette sécurité est une mission traditionnelle de la gendarmerie depuis ses origines, a-t-il indiqué.
Elle nécessite, précisera Diamou Keïta, une présence active, mobile, préventive et répressive sur les routes de personnel apte à intervenir efficacement et sans délai.
Le patron des unités motocyclistes a apprécié la qualité des conférenciers et le moment choisi pour la tenue de la conférence. Pour souligner la gravité du problème, le capitaine Noumoutié Camara estimera que « la route tue autant que le sida de nos jours« .

La conférence a regroupé les gendarmes de la 7è promotion du brevet d’armes n°2 (BA2) et la 10è promotion du brevet d’armes n°1.

Après un survol du Code de la route et de quelques cas pratiques d’accidents de la circulation, les conférenciers se sont prêtés aux questions de l’assistance. L’application du bulletin d’analyse des accidents de la circulation (BAAC) prônée par la Banque mondiale a été longuement discutée. Le BAAC permettra de situer les responsabilités des accidents.

Les 140 stagiaires, en fin de formation, ont promis d’être des ambassadeurs de la sécurité routière dans leurs zones respectives. Ils ont souhaité une pérénnisation de l’initiative.

La direction générale de la gendarmerie était représenté par le colonel Koman Keïta, président de la lutte contre l’insécurité routière.

S. KONATÉ

Essor du 14 Aout 2008