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La faible affluence qui a gâché la «fête» ce dimanche était, peut-on dire, prévisible pour tout observateur avisé de la chose politique de notre pays. Ce, au regard de la morosité qui a caractérisé la campagne législative. Sauf qu’il faut convenir que la situation a été bien pire que beaucoup ne l’aurait imaginée. En dépit d’une organisation matérielle et technique globalement satisfaisante, il faut dire que dans les différents centres de vote que nous avons sillonnés ce dimanche en commune IV, les bureaux de vote ont désespérément attendus les électeurs.

Dans cette circonscription électorale, ils étaient plus de 170.000 inscrits, appelés à départager les 14 listes en concurrence pour les deux sièges précédemment occupés par Ibrahim Boubacar Keita, désormais président de la République et Abdrahamane Sylla, ministre en charge des Maliens de l’extérieur. Tous ceux du RPM. Ils ont été malheureusement peu nombreux à répondre à l’appel en cette matinée dominicale du 24 novembre 2013.

En effet, de Kalabambougou à Hamdallaye, en passant par Lafiabougou, Djocoroni-Para et Sébénikoro, les constats se sont succédé et se sont ressemblés: l’organisation matérielle et technique a connu une nette amélioration par rapport à la présidentielle, mais la population a boudé les urnes. Les raisons ? Si les uns expliquent ce faible engouement populaire par un déficit de confiance entre les électeurs et la classe politique, d’autres estiment qu’il s’agit là de l’expression de l’impatience de bon nombre de Maliens, pressés de sentir le changement prôné lors de la présidentielle dans leur vie quotidienne.

A Djicoroni-Para par exemple, il est 13 heures quand le bureau n°30 du centre de l’école du fleuve, présidé par Kadiatou Diallo, n’a enregistré que 41 votants sur plus de 400 inscrits. «Cette timidité est peut être due à une crise de confiance entre les électeurs et les candidats», suppose Daouda Koné, président du bureau n°1 de Kalabambougou, avec l’espoir que la situation va changer.

Makan Coulibaly, Coordinateur du centre de l’école du fleuve, de corroborer en disant qu’il appartient aux candidats et aux partis qui ont la responsabilité de mobiliser d’expliquer ce faible engouement. Même son de cloche chez Adam Keïta, une électrice, qui déplore le fait que les hommes politiques n’apparaissent que lors des élections. Elle reconnait par ailleurs avoir voté dans des conditions bien plus meilleures que celles de la présidentielle.

Au Groupe scolaire Falaba Issa Traoré de Lafiabougou, c’est le calme plat au moment du passage de notre équipe de reportage. Idem pour le centre du groupe scolaire Aminata Diop et ceux de Hamdallaye que nous avons sillonnés. Mais au delà de ce faible taux de participation, il faut dire que tous les acteurs se sont félicités d’un cadre organisationnel nettement amélioré.

Aux dires de différents coordinateurs de centres et autres présidents de bureaux que nous avons interrogés, tous les matériels et agents électoraux étaient sur place et les bureaux ont ouvert à 08 heures, conformément à la loi électorale. «Nous avons reçu tous les matériels la veille de l’élection alors que lors de la présidentielle, nous les avons reçus le jour même du vote», apprécie Abdoulaye Bitibaly, Coordinateur du centre de l’école AB de Sébénikoro.

Destin GNIMADI, Bakary SOGODOGO et Boubacar SIDIBE

25 Novembre 2013