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Terence Patrick McCulley, Ambassadeur des Etats-Unis au Mali est en fin de mission. Ces quatre dernières années, le diplomate américain a largement contribué au renforcement de la coopération entre le Mali et les Etats-Unis d’Amérique. En témoignent, les nombreux accords de coopération conclus dans plusieurs domaines, et la visite de travail effectué à Washington, en février dernier par le président Amadou Toumani Touré.

Pour succéder à McCulley, le choix du président Bush et de la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, a porté sur une dame, Mme Gillian Milovanovic, précédemment en poste en Macedonie.
Diplomate de carrière, Gillian A Milovanovic, a 30 longues années d’expérience sur le terrain de la diplomatie.

Elle a notamment servi à Stockholm (Suède), à Pretoria (Afrique du Sud) et à Gaberone (Bostwana). Visiblement comblée de retourner en Afrique, Mme l’Ambassadrice affirme volontiers : « Ce sera pour moi un honneur et un privilège de représenter les Etats-Unis au Mali ».
Le 7 mai dernier, Mme Gillian A Milovanovic, était devant la commission sénatoriale des relations étrangères, conformément à la tradition aux Etats-Unis. C’est cette commission qui entérine les nominations des Ambassadeurs.

Nous vous livrons ici l’intégralité de la déposition de la nouvelle Plénipotentiaire des USA au Mali. Une déposition qui fera certainement office de « lettre de cadrage » pour la diplomate et le futur des relations américano-maliennes.

Monsieur le Président et distingués membres de la commission : je suis honorée de paraître devant vous aujourd’hui à l’occasion de ma nomination par le président Bush au poste d’ambassadrice des États-Unis auprès de la République du Mali.

Je suis très honorée de la confiance que le président Bush et la secrétaire d’État Condoleezza Rice ont placée en moi. Si ma nomination est confirmée par le Sénat, je ferai de mon mieux pour me montrer digne de cette confiance, notamment en avançant les objectifs des États-Unis au Mali et dans la région.

Je sais par expérience que mon succès dépendra d’une étroite coopération et de nombreuses consultations avec cette commission, son personnel de soutien et d’autres membres du Congrès. C’est une relation que j’espère nouer avec vous dès aujourd’hui, en faisant fond sur mes précédentes années de service en Afrique.

Avec votre permission, Monsieur le Président, j’aimerais rendre hommage à mon mari, Zlat, et à mes filles Alexandra et Anna, bien qu’ils aient été dans l’impossibilité de venir ici aujourd’hui. Le Service diplomatique est plus qu’une carrière. C’est ma vie et celle de ma famille.

Les succès que j’ai connus, tant sur le plan professionnel que personnel, sont tous attribuables à la patience, aux sacrifices, à la souplesse, à l’humour, à la curiosité et au soutien inébranlable des membres de ma famille. Si ma nomination est confirmée, ce sera pour moi un honneur et un privilège de représenter les États-Unis au Mali. Nous avons tous hâte de retourner sur le continent où nous avons déjà passé neuf merveilleuses années et où Anna est née.

Après seize ans d’expérience de la démocratie, le Mali sert d’exemple pour l’Afrique de l’Ouest et au-delà. Le Mali a un bilan positif en matière des droits de l’homme, il a accueilli la réunion ministérielle de la Communauté des démocraties en novembre 2007, il est un ferme partenaire dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, il est un membre actif de diverses organisations internationales et il a déployé des troupes au sein de plusieurs opérations internationales de maintien de la paix.

Malheureusement, le progrès politique du Mali ne se reflète pas dans les statistiques sociales et dans les indices économiques. En 2007, l’ONU l’a classé au 173e rang (sur 177 pays) dans son Index du développement humain, en partie du fait du taux élevé d’analphabétisme, des mauvaises statistiques relatives à la santé et de la faiblesse du PIB par habitant.

Ces facteurs, associés à des problèmes de sécurité alimentaire, à l’insécurité et à la présence d’agents d’Al-Qaïda dans les régions désertes du nord du pays, constituent de graves menaces pour la démocratie et la stabilité régionale.

Les États-Unis sont un partenaire clé du Mali lorsqu’il s’agit de l’aider à surmonter ces difficultés et, si ma nomination est confirmée, j’entends poursuivre et approfondir cette importante relation. La récente tournée du président Bush en Afrique et ses entretiens avec le président Touré à Washington ont mis en lumière l’attachement du gouvernement des États-Unis à des programmes importants tels que l’Initiative présidentielle de lutte contre le paludisme et le Programme d’aide d’urgence à la lutte contre le VIH/sida dans le monde (PEPFAR).

Le contrat de 461 millions de dollars que le Mali a passé avec la MCC est entré en vigueur en septembre 2007, et c’est l’une des hautes priorités du président Touré. Notre programme du Corps de la paix au Mali est le plus important que nous avons en Afrique.

Le Mali est également un membre essentiel du Partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme (TSCTP). Par le truchement de ce partenariat, nous aidons le Mali à augmenter ses capacités de surveillance aux frontières et de lutte contre Al-Qaïda dans le Maghreb islamique, nous assurant ainsi que le nord du pays demeure inhospitalier pour les terroristes.

Le gouvernement des États-Unis a également mis en œuvre au Mali un programme ACOTA (African Contingency Operations Assistance) qui est favorablement accueilli. De plus, la visite du général Ward, de l’Africom, à la fin février, souligne que le Mali est un partenaire clé de la sécurité régionale.

Monsieur le Président, cette année marque le 30e anniversaire de ma carrière au service diplomatique. Si ma nomination est confirmée, j’apporterai à mes fonctions mon expérience acquise en tant que chef de mission, ainsi que durant mes neuf années de service en Afrique et de mes quinze années de collaboration avec des sociétés en pleine transition politique et économique.

J’ai eu le privilège, au fil des ans, de coopérer étroitement avec le ministère de la défense, la Garde nationale et d’autres partenaires afin de réformer et moderniser les armées de nombreux pays d’Europe et d’Afrique, afin de les aider à renforcer leurs capacités en matière de maintien de la paix, de sécurité régionale et de lutte contre le terrorisme international.

Durant ma carrière, j’ai été très fière de faire prêter serment plusieurs fois à de nouveaux bénévoles du Corps de la paix. Je suis particulièrement heureuse de savoir que, si ma nomination est confirmée, j’aurai l’occasion de poursuivre ma longue collaboration avec le Corps de la paix, une agence dont la mission et les bénévoles représentent ce que l’Amérique peut offrir de mieux.
Le Mali doit surmonter des difficultés considérables dans les domaines de la santé publique, de l’éducation et de la promotion des droits de l’homme.

Si ma nomination est confirmée, j’aiderai ce pays à atteindre ces objectifs en puisant dans mon expérience acquise auprès de l’USAID et des programmes d’éducation du Corps de la paix, et je m’appuierai sur la coopération entre de multiples agences pour lutter contre la traite des êtres humains et autres formes d’abus des droits de l’homme, ainsi que pour promouvoir les droits des femmes et des filles.

Lorsque j’ai servi au Botswana et en Afrique du Sud, j’ai acquis un profond respect pour l’action du CDC (Centre d’épidémiologie des États-Unis) et j’ai eu le privilège d’assister à la création du programme du PEPFAR en Afrique du Sud. Je crois que, si ma nomination est confirmée, cette expérience m’aidera aussi à diriger notre mission efficacement et à promouvoir les intérêts des États-Unis au Mali.

Monsieur le Président, vous constaterez, si vous confirmez ma nomination, que je suis une partenaire attentive, fermement résolue à coopérer avec vous et avec votre commission pour promouvoir les intérêts des États-Unis en République du Mali, et une chef de mission dont la plus haute priorité sera d’assurer la sécurité du personnel de l’ambassade, ainsi que celle de leur famille et d’autres Américains résidant au Mali.

Ce serait pour moi un grand honneur que d’être autorisée à suivre la voie tracée par les distingués collègues qui m’ont précédée au poste d’ambassadeur auprès de la République du Mali.

Monsieur le Président, membres de la commission, je vous remercie de votre attention et je suis prête à répondre à vos questions.

03 Juillet 2008