Partager

Policiers et soldats étaient déployés en force vendredi à Khartoum avant de nouvelles manifestations à travers le pays secoué depuis 05 jours par un mouvement de contestation qui a fait des dizaines de morts. De nouvelles protestations sont attendues à la sortie des mosquées après la prière de la mi-journée, à l’appel de militants réclamant la démission du président Omar el-Béchir. Sadek al-Mahdi, figure de proue de l’opposition, a aussi appelé à la mobilisation contre le régime. Le gouvernement continue de garder officiellement le mutisme, même si la télévision d’État et le gouverneur de Khartoum ont averti que la police empêcherait « toute atteinte à la sécurité, aux biens et aux personnes », lors de cette contestation d’une ampleur inégalée depuis l’arrivée au pouvoir de M. Béchir en 1989. Deux organisations de défense des droits de l’Homme ont accusé les forces de sécurité d’avoir délibérément tiré sur les manifestants, et fait état de 50 morts à travers le pays. Mais selon des sources hospitalières et la police, 29 personnes ont péri. La plupart sont des civils tués par la police, ont précisé témoins et proches.Cherchant à museler la presse, les autorités ont saisi ou empêché de paraître trois journaux, pourtant pro-gouvernementaux, pour maintenir le black-out sur les manifestations, ont indiqué des journalistes. Il s’agit des quotidiens Al-Soudani, Al-Majhar Al-Siassi et Al-Watan.Le Soudan connaît depuis 2012 des manifestations sporadiques contre le régime mais sans attirer les foules comme dans plusieurs pays de la région, où des chefs d’Etat ont été renversés par la rue. AFP.