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A la mi – avril, la MISMA annonçait avoir déjà déployé au Mali quelque 6300 soldats soit 80% de son effectif. Au tout début des opérations militaires, il était convenu que chaque pays prenne en charge pendant une période de trois mois le déploiement de son contingent. Et que passée cette échéance, il sera remboursé. Cinq mois après, aucun pays n’a perçu un seul copeck. Une situation qui a conduit courant avril le Tchad à taper du poing sur la table et attirer l’attention sur le coût financier de la guerre au Mali qui lui a coûté en trois mois de présence militaire 57 milliards FCFA entièrement financés par le budget national. Au mois de mai, le Tchad va réduire ses effectifs de 700 soldats. D’autres pays lui ont discrètement emboité le pas en retirant de leurs rangs certains éléments non essentiels de leur dispositif.

Ce n’est guère une surprise d’annoncer que la mission internationale de soutien au Mali (MISMA) sous conduite africaine est confrontée à des problèmes financiers. En effet, les contributeurs de troupe de la MISMA pour la plupart composés de pays de la CEDEAO (le Togo, le Bénin, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Nigéria) et hors CEDEAO le Tchad, ont en ce qui les concerne leurs propres difficultés mais se sont tout de même engagés à soutenir le Mali sur le principe de la solidarité africaine.

Si certains pays ont pu facilement acheminer la totalité de leurs troupes compte tenu de leur proximité avec le Mali, ce ne fut pas le cas pour d’autres confrontés à des problèmes logistiques et financiers. Et face à la lenteur du déploiement des forces de la MISMA, le Président en exercice de la CEDEAO, Alassane Dramane Ouattara, avait invité en février dernier ses pairs africains à accélérer le processus de déploiement de leurs contingents.

A 1 400 hommes fin janvier 2013, la Misma a déployé environ 6 300 en avril, soit 80% de son effectif. Ce qui est fort encourageant pour des pays africains, qui en dépit de leurs contraintes financières, sont tout de même parvenus à rassembler autant d’hommes.

Même s’il n’en demeure pas moins qu’à un mois du déploiement de la MINUSMA, certains pays membres de la MISMA n’ont pas pu envoyer la totalité de leurs contingents. Prouvant une fois de plus les difficultés financières auxquelles cette organisation est confrontée. Le plus gros contributeur, le Tchad qui comptait 2250 soldats au Mali en a retiré 700. D’autres pays que nous préférons ne pas citer ont également diminué le nombre de leurs troupes pour ne pas continuer à supporter le coût d’une guerre qui leur coûte excessivement cher.

Ces pays comptent sur le déploiement de la MINUSMA soit pour compléter leur effectif ou le dépasser en atteignant plus de 800 hommes par bataillon requis par les Nations Unies. Il est à rappeler que le financement de la guerre au Mali est la principale raison de la transformation de la MISMA en une mission onusienne. La France est à l’origine de la Résolution 2100 du Conseil de Sécurité de l’ONU adoptée le 25 avril dernier et autorisant le déploiement de 12.600 Casques-Bleus en remplacement de la MISMA.

Auparavant, c’est l’émissaire de l’UA au Mali le Burundais Paul Buyoya qui déclarait lors d’une conférence de presse que la transformation de la MISMA en une mission onusienne permettra aux pays africains engagés au Mali de résoudre pas mal de problèmes notamment financiers et logistiques.

Abdoulaye DIARRA

L’Indépendant du 31 Mai 2013.