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La création du ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine en 2002 a suscité de l’espoir, tant au Mali qu’à l’extérieur. C’est une manière de démontrer la ferme volonté du Président de la République, Amadou Toumani Touré, -après sa prise de fonction à la tête du pays en 2002- de faire, de l’intégration africaine, une réalité.

C’est surtout dans le souci de prendre en compte toutes les préoccupations de nos compatriotes vivant à l’extérieur.

Situé à la Cité du Niger, le ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine est aujourd’hui en passe de se distinguer par un certain immobilisme du au découragement des travailleurs du département. Aussi rien ne va plus entre le ministre de tutelle, M. Badara Alou Macalou, et certains de ses plus proches collaborateurs, dit-on. Ce qui expliquerait la morosité de certaines activités au sein du ministère.

Pourtant, lors du premier mandat du Président ATT (2002-2007), tout avait été mis en oeuvre pour permettre à Badara Alou Macalou de pérenniser les acquis déjà constatés au sein du département.

Mais aujourd’hui, on reproche très souvent à l’actuel ministre d’être trop renfermé sur lui-même. Mais est-ce à dire pour autant qu’il n’entretient pas de bonnes ou franches relations avec lesdits collaborateurs? Et de quoi est-il redevable de ce climat qu’on qualifie de lourd et qui règne au sein du ministère ?

Toujours est-il que selon nos sources, plusieurs cadres ont déjà quitté le ministère pour d’autres cieux.

Parmi les employés, on a noté le départ de certains chauffeurs et secrétaires de direction. Si bien que de nos jours, certains des plus proches collaborateurs du ministre Macalou ne savent plus à quel saint se vouer. Mais d’autres sources maintiennent que cet état de fait n’incombe pas au ministre.

On se rappelle que la Fédération des Communautés Africaines au Mali (F.C.A.M) avait lancé son cri de détresse, à cause du comportement du ministre qui ne se serait jamais intéressé au fonctionnement de ladite Fédération.

Depuis un certain temps, nous connaissons beaucoup de problèmes qui freinent le bon fonctionnement de la fédération. Pour cela, nous venons à vous pour que vous nous aidiez à sortir de cette torpeur”, avait déclaré le président de la FCAM, lors d’une rencontre au département.

Et un interlocuteur, qui a préféré garder l’anonymat, de déclarer : “Le ministre n’a aucune considération envers nous. Depuis l’arrivée de Badara Macalou, on se sent orphelins dans le ministère. On ne le comprend pas du tout”. Toujours selon nos sources, on reproche au ministre de vouloir reprendre tous les programmes et plans de son prédécesseur qui avait posé certains jalons.

Aussi, notre interlocuteur, de fustiger : “L’administration est une continuité, c’est vrai. Toute oeuvre n’est pas parfaite et mérite des modifications. Mais vouloir reprendre le tout relève d’une pure méchanceté”. Mais alors, pourquoi reprocher à l’actuel ministre de vouloir mettre en oeuvre ses propres plans et programmes, si tant il est vrai que “l’administration est une continuité“ ?

La gestion des renouvellements des instances de base du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME), dans les pays étrangers, est aussi mise en cause. Surtout en France, en Côte-d’Ivoire et aux USA. Là, il est reproché au ministre… de s’immixer dans les affaires du H.C.M.E. Mais que doit faire un ministre si ce n’est de s’intéresser de près aux affaires de son département?

Malgré tout, responsabilité du grabuge qui prévaut actuellement au sein du HCME est encore imputé au ministre qui, argue-t-on, ne s’est pas mêlé… de la mêlée. “Malgré la volonté de tout un chacun de promouvoir ce ministère, le ministre a tenté de combattre tout le monde”, a déclaré un autre employé.

Face à des accusations aussi diverses, on se demande finalement si ceux qui les profèrent sont aussi blancs que neige. Car autant le départ de certains travailleurs du département ne pourrait être forcément imputable à la gestion ou au comportement du ministre, autant les mécontents de ce dernier ont peut-être quelque chose, sinon bien des choses à se reprocher à leur tour.

Dans tous les cas, en ce qui concerne l’intégration africaine, la volonté du Président de la République, Amadou Toumani Touré, et les efforts des communautés africaines vivant au Mali, à travers la FCAM, ne pourraient être voués à l’échec par la volonté d’un seul ministre.

Du reste, l’actuelle confusion due aux guerres larvées entretenues au sein des Maliens de l’Extérieur est plutôt imputable à certains dirigeants de la diaspora malienne à l’extérieur. Aussi, la question que tout le monde pourrait se poser, c’est de savoir si l’attitude du ministre est en quelconque relation avec celle desdits responsables des Maliens de l’Extérieur.

Mais ces responsables ne sont-ils pas assez grands, c’est-à-dire… assez responsables pour gérer des situations désastreuses qu’ils ont eux -mêmes créées ou contribué à aggraver?


Sadou BOCOUM

23 Juillet 2008