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Dans une déclaration qu’il nous a fait parvenir, le Comité directeur du CNID Faso Yiriwa Ton s’exprime, après vérification, sur la lettre de démission de NDiaye Ba et autres. Pour la formation politique de Me Mountaga Tall, le déluge annoncé n’a pas eu lieu et rassure les militants sur la solidité du parti.

La déclaration du Comité directeur prend acte de la démission de NDiaye Ba  » après quinze (15) années au Secrétariat général et huit ans de mission au gouvernement au nom du CNID-Faso Yiriwa Ton « . De même qu’après vérification, le Comité a fait le constat sur le nombre de démissionnaires contenu dans la lettre. Ainsi selon lui : au niveau des 74 membres du comité directeur, il y a eu 12 démissionnaires sur les 74 membres

Au niveau des 55 sections : sur les 4 démissions annoncées pour les vices-présidents, il y a une démission confirmée, 2 fausses démissions et une démission à confirmer. En ce qui concerne les secrétaires généraux, il y a 2 fausses démissions.

Au niveau des 50 maires, sur les 3 démissions annoncées, 2 sont fausses. Au niveau des 600 conseillers municipaux, il y a 17 démissions à confirmer. Au niveau du mouvement des femmes, il n’y a que 4 démissions sur 46 membres.

Au niveau des jeunes, une démission sur 46 membres.

Au regard des chiffres, le Comité directeur estime que  » le déluge annoncé n’a pas eu lieu « . Avant de lancer un appel aux chefs de file des démissionnaires  » à ne pas renier le passé et à ne pas insulter l’avenir du parti par la poursuite de la campagne de calomnie et d’injures en cours depuis quelques temps « .

Le Comité directeur rassure les militants en soulignant que  » la maison CNID tient bon « et que  » le travail d’implantation du parti se poursuit inlassablement « . La déclaration prend fin par une invitation des militants et militantes à la sérénité, au travail, pour une victoire proche et inéluctable.

Cette déclaration du Comité directeur du CNID a le mérite d’apporter un éclairage sur le brusque changement de stratégie de N’Diaye Ba. En réaction à notre article du jeudi 27 mai annonçant son départ imminent du CNID pour rallier le Mouvement Citoyen en voie de mutation en parti politique pour assurer l’héritage du président ATT, N’Diaye Ba nous avait tenu ces propos :  » je contrôle le parti et Me Tall n’existe qu’à travers la presse. Je ne démissionnerai pas du parti, j’en ferai partir Me Tall qui est minoritaire, même chez lui à Ségou. Le CNID a reçu de l’Etat 65 millions de F CFA au titre du financement public des partis politiques pour 2009. Pourtant il n’arrive pas à tenir son congrès. L’explication est simple : Me Tall a peur qu’on le congédie démocratiquement « .

En fait de congé, c’est N’Diaye Ba qui a préféré partir, confirmant ainsi notre information et prouvant ainsi qu’il ne se sentait pas de taille à affronter Me Tall devant le peuple du CNID rassemblé en congrès.

Maintenant la question est savoir ce qu’il va advenir de lui. ATT va-t-il le garder au gouvernement après qu’il eut quitté le parti grâce auquel il s’y trouve depuis huit ans sans discontinuer ? On sait que c’est cette présence, jugée trop longue par la majorité des désormais anciens camarades de N’Diaye Ba au sein du directoire du parti, qui est à l’origine de la crise ayant abouti à son départ.

En conservant N’Diaye Ba, ATT leur ferait un pied de nez indécent. Pire, il démontrerait que les partis politiques, même ceux qui l’ont aidé à accéder au pouvoir et en ont partagé la gestion à ses côtés, comptent moins pour lui que les individus. Ce qui serait une curieuse façon de les récompenser.

Jeté hors du gouvernement comme la logique politique et le bon sens tout court le commanderaient, l’avenir politique de N’Diaye Ba parait bien compromis. Créer un parti politique? Il y en a déjà tellement qui encombrent l’échiquier politique national sans le moindre espoir de percer un jour. Adhérer au Mouvement Citoyen comme l’on lui en prête le projet ?

Il était intéressant pour Ahmed Diané Séméga et ses amis tant qu’ils le croyaient capable d’écarter Me Tall de la présidence du CNID et d’amarrer ce parti au char du M.C. Mais avec ce retrait précipité, qui ressemble à une débâcle militaire sur le front, il risque désormais d’apparaitre comme un invité encombrant. En politique comme dans d’autres domaines d’activité, on aime les gens qui gagnent, pas ceux qui perdent.

Enfant adulé de la République pendant huit ans, N’Diaye Ba devra peut-être en faire l’amère expérience.

Mamadou Lamine DEMBELE

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Réaction d’un membre fondateur du cnid:

La dignité commande à Ndiaye Ba de garder le silence

Suite à l’annonce de la démission de Ndiaye Bah et certains de ses camarades, partis du CNID avec armes et bagages, les réactions ne manquent pas, à l’image de celle de M. Cheick Abdel Kader Sangaré dit Wallace, que nous publions in-extenso

e suis très surpris et très indigné par ce que N’Diaye Ba fait et dit aujourd’hui. Je ne suis pas le seul et tous les Maliens sont comme moi. Mais le membre fondateur du CNID que je suis sait beaucoup plus de choses. Si, en effet, personne n’ignore que N’Diaye Ba a représenté le CNID au gouvernement pendant 8 ans, peu de gens savent comment il a été nommé.

N’Diaye Ba doit tout à Maitre Mountaga Tall : son entrée au Comité Directeur, sa promotion au secrétariat général du CNID et son entrée au gouvernement. Il était tous les jours au Cabinet de maître Tall. Je me rappelle une discussion devant ce Nabinet un jour de 2002.

Militant du parti, j’avais discuté avec Maître Tall de mon désir de le voir soutenir la candidature d’ATT. Nous avons plusieurs fois discuté et sans jamais élever la voix (nous sommes des amis d’enfance) il m’a dit que le dernier mot revient au parti et que des alliances seraient toujours possibles au second tour.

Par contre, N’Diaye Ba m’attendait devant le cabinet. Il m’a violemment attaqué verbalement, me traitant de tous les noms et disant que jamais le CNID ne soutiendrait pas la candidature de ATT pour laquelle il n’avait aucune estime. Au contraire, l’homme avec qui j’ai discuté ce jour n’avait que la haine dans son coeur et la bouche. Il me traitait de traître

Quelques mois plus tard, sur proposition de Maître Tall, il entrait au gouvernement de ATT. J’en étais très heureux car les faits me donnaient raison et tout soutien à ATT, surtout venant du CNID, était pour moi une sorte de victoire personnelle.J’ai rediscuté avec Maître Tall en 2007 sur un deuxième mandat de ATT. Il m’a dit que le CNID ne peut appartenir au gouvernement pendant 5 ans et se présenter contre le Président de la République. Il a ajouté que ce serait contre toute morale politique.

N’Diaye Ba peut aujourd’hui quitter le CNID mais son cas ne l’honore pas et n’honore pas la classe politique. Je fais ce témoignage aujourd’hui parce que j’estime que si N’Diaye Ba a le droit de quitter le parti, il n’a pas cependant pas le droit d’aller le vilipender dans les journaux. La dignité commande dans ce cas de garder le silence.

Par Cheick Abdel Kader Sangaré dit Wallace

07 Juin 2010.