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Les choses se précisent de plus en plus au sujet du départ – non souhaité – de l’ex ministre de la Justice, Malick Coulibaly. Précédemment nous évoquions plusieurs hypothèses par rapport au départ du jeune magistrat. Départ que de nombreux Maliens ne comprennent pas encore au regard des promesses électorales faites par IBK et se résumant au renouveau du Mali.

La libération récente de plusieurs combattants du MNLA pourrait probablement expliquer la non reconduction de l’ancien garde des Sceaux. C’est lui, en effet, qui avait mis des mandats d’arrêts contre de nombreux criminels du MNLA. C’est lui aussi qui avait obtenu la levée de l’immunité parlementaire d’une dizaine de député.

Dont Me Mountaga Tall et Dr Oumar Mariko, deux malheureux candidats à la présidentielle qui avaient vite fait de rallier le camp IBK dès que la lueur de sa victoire se profila ; le patron du CNID allant jusqu’à féliciter IBK avant même la proclamation par Moussa Sinko Coulibaly des résultats provisoires de l’élection. Compte tenu de l’ « entêtement » et de la détermination du jeune Malick, on pourrait déduire que le pouvoir d’IBK a estimé que son manque de souplesse pourrait lui nuire, notamment dans le « dossier MNLA » dont on sait que les ficelles sont tirées depuis Paris et non depuis Bamako.

Daniel Tessougué, le procureur général, pourrait être une autre victime du MNLA. IBK même est impuissant dans le traitement de ce dossier. Impuissant parce que ce sont les autres qui sont venus délivrer son pays et dont il faut conséquemment tenir compte des désidératas. Impuissant aussi parce qu’il ne dispose pas encore d’une armée restructurée, digne de ce nom et capable de relever le défi, et même ce qui en reste.

Or, à analyser de près les quelques incidents sécuritaires de ces dernières semaines – savamment orchestrés pour mettre la pression sur IBK – on ne peut qu’être de plus en plus convaincu de la nécessité de présence des troupes et de la Minusma.

Ismaël Vitalki

Liberté du 14 Octobre 2013.