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Après 24 ans de bons et loyaux, Idrissa Traoré, le Directeur de l’Agence nationale de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour le Mali vient être admis, à l’âge de 58 ans , à faire valoir ses droits à la retraite à partir du 1er janvier 2009. Aussi, pour leur dire au revoir a-t-il organisé une cérémonie, certes modeste, mais pleine de signification, à l’intention de ses collaborateurs, amis et parents.

C’était le 23 décembre dans les locaux du siège de l’Agence malienne de l’Institut d’émission monétaire. Y ont pris part le tout Bamako de la haute finance dont de nombreux patrons de banque, à l’image de Abdoulaye Daffé de la BDM-SA, Babali Ba de la BMS SA, Moussa Alassane Diallo de la BNDA qui se trouve être, par ailleurs, le président de l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers (APBEF).

L’on pouvait aussi noter la présence du président de l’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance (APIM) Ousmane Traoré.

S’adressant à ses illustre invités, le Directeur national de la BCEAO-Mali a annoncé, la voix émue, que pour compter du 1er janvier 2009, il est appelé à faire valoir ses droits à la retraite. «  Que de chemins parcourus avec vous pendant 24 ans de vie professionnelle à la Banque centrale dont 5 ans comme Adjoint au Directeur National chargé de l’intérim du Directeur national de la BCEAO pour le Mali  » s’est exclamé Idrissa Traoré.

Le Directeur national de la BCEAO pour le Mali de faire l’état des lieux du paysage bancaire du Mali avant d’évoquer les grands chantiers auxquels il a apporté sa pierre (voir encadré).

« C’est donc pour moi l’occasion de vous remercier, dirigeants des banques et établissements financiers qui êtes nos partenaires privilégiés, pour votre disponibilité constante et votre franche collaboration, sans lesquelles rien de tout cela ne serait possible. C’est donc le lieu pour moi de rendre à César ce qui revient à César, c’est-à-dire vous qui avez été les acteurs de ce mouvement remarquable.

A mon niveau, j’ai essayé, tant que faire ce peut, d’apporter ma modeste pierre à l’édifice à travers la mise œuvre des décisions de politique monétaire. En ma qualité de représentant de l’Institut d’Emission, mon souci a toujours été de préserver et consolider la stabilité et la solidité du système dans son ensemble.

A cet égard, nous nous devons de reconnaître que la réglementation et la surveillance en vigueur en matière bancaire ont contribué, entre autres, à faire en sorte que notre système financier n’ait pas été touché directement par la très grave crise financière internationale que nous vivons. Je voudrais vous encourager à continuer ce travail avec mon successeur, consolider les acquis, faire notre système bancaire l’un des plus forts et solides de la sous-région » a souligné l’orateur.

Prenant la parole au nom de l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers dont il est le président, Moussa Alassane Diallo, a rendu un vibrant hommage au partant.

« Permettez-moi ici et maintenant de vous dire combien la communauté bancaire du Mali a apprécié les relations de travail et de collaboration qu’elle a entretenues avec vous pendant ces longues années. Des relations fondées sur le respect, la courtoisie et la convivialité. Les appuis techniques, financiers et de conseil que vous avez toujours apportés à notre profession ont non seulement été de grande qualité, mais aussi assuré la promotion et le développement harmonieux du secteur bancaire dans différents domaines » a déclaré le président de l’APBEF.

Il s’agit notamment, a-t-il poursuivi, de l’institution de l’agrément unique des Banques et Etablissements Financiers dans l’espace UEMOA, la réforme des systèmes et moyens de paiement faisant rentrer notre système bancaire dans l’ère de la modernité, de la centralisation des incidents de paiement, de la réalisation de la centrale des bilans et l’harmonisation des systèmes comptables bancaires et des entreprises.

 » Avec dévouement, abnégation, assiduité et détermination, M. Traoré s’est honorablement acquitté de ses fonctions de Directeur national de la BCEAO pour le Mali. Le respect de l’éthique et de la déontologie a été au cœur de votre démarche professionnelle.

Votre engagement auprès des pouvoirs publics dans la conception et la réalisation de grands objectifs de développement économique et social dans un cadre macro-économique assaini a été par devoir mais aussi par conviction. M. le Directeur national, votre méthode de travail fondée sur la discrétion et l’efficacité avec toujours au bout une obligation de résultat force l’admiration et l’estime.

En effet, sous votre responsabilité, le nombre de banques et établissements financiers du Mali a fortement progressé, au même moment les emplois et les ressources du système bancaire ont connu une très forte augmentation  » a poursuivi le président de l’APBEF.

Au regard du parcours professionnel de Idrissa Traoré, ces éloges sont plutôt bien mérités.

Détenteur d’un Master en Economie obtenu en 1983 à l’Université d’Etat de Michigan, il a fait l’essentiel de sa carrière à l’Agence nationale de la BCEAO pour le Mali où il eut à assumer les fonctions de Chef de la Section Monétaire et Financière, Chef du Service des Etudes, d’Adjoint au Directeur national de la BCEAO pour le Mali, d’Adjoint chargé de l’intérim du Directeur national de la BCEAO.

Et, depuis le septembre 1997, il est nommé Directeur national de la BCEAO pour le Mali. Il avait, auparavant, commencé sa carrière au Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) en qualité d’Administrateur avant de passer deux ans au Centre Malien de Commerce Extérieur. Marié et père de trois enfants, Idrissa a pour loisirs la lecture et le sport.

Le président de l’APBEF a remis, au nom de ses pairs banquiers, un « Ciwara  » et un boubou en bazin en guise cadeaux.

La cérémonie a pris fin autour d’un buffet bien garni.

Financement du développement

Les banques maliennes ont injecté 944 milliards de FCFA dans l’économie en 2008

Le Directeur national de la BCEAO a, dans son adresse, fait un survol de l’évolution du système bancaire du Mali de septembre 1997, date de sa nomination aux fonctions de Directeur national de la BCEAO pour le Mali, à ce jour.

Ainsi, a-t-il précisé, en septembre 1997, le système bancaire du Mali comportait, outre la Banque Centrale, 7 banques et 2 établissements financiers.

A ce jour, a-t-il poursuivi, le nombre de banques et d’établissements financiers a quasiment doublé : 13 banques et 3 établissements financiers. Les emplois, au 30 septembre 2008, se chiffrent à 944 milliards de FCFA et les ressources à 1 052 milliards de FCFA. La liquidité bancaire s’est consolidée et la solvabilité des banques et établissements financiers est demeurée globalement satisfaisante sur la période.

« Ces chiffres attestent du formidable dynamisme qu’a enregistré notre système bancaire » a souligné Idrissa traoré. Le Directeur national de la BCEAO pour le Mali de rappeler les actions engagées sous l’impulsion de la Banque Centrale qui ont porté sur l’harmonisation des systèmes comptables bancaires et des entreprises, la réalisation de la centrale des incidents de paiement, l’institution de l’agrément unique des banques et établissements financiers, l’élaboration d’un cadre juridique propice à la promotion du secteur de la microfinance et, enfin, la réforme des systèmes et moyens de paiement où le système bancaire malien s’est illustré comme l’un des leaders de l’Union.

Yaya SIDIBE

26 Décembre 2008