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Pour mieux défendre les intérêts des commerçants victimes de casses au marché de Baco-Djicoroni, les députés élus en Commune V, Ibrahim Coulibaly et Fanta Mantchini Diarra, s’imprègnent de leurs préoccupations et exigent d’ores et déjà qu’ils soient dédommagés.

Les honorables Ibrahim Coulibaly et Fanta Mantchini Diarra, se prononçant sur les démolitions au marché de Baco-Djicoroni, ont estimé qu’il y « a eu abus d’autorité » qui a occasionné des dégâts matériels et humains. Par conséquent, ils ont demandé que justice soit rendue aux commerçants. Secundo, ils pensent que les coupables de ces abus doivent être recherchés et sanctionnés conformément à la loi. Tertio, ils ont souhaité l’aménagement d’un marché au profit des victimes.

Pour Ibrahim Coulibaly, le maître mot de la décentralisation est « la concertation, la participation, voire le consensus, c’est-à-dire que le développement communal est forcément un développement participatif. Ce n’est pas une camisole de force ». Il déplore qu’on a voulu contribuer au bonheur des commerçants sans leur consentement. Si l’aménagement des marchés est important, il doit néanmoins se faire dans l’intérêt général.

Les 18 et 19 mars 2008, le marché de Baco-Djicoroni a été démoli aux 2/3 sur recommandation de la mairie. Avant ces dates fatidiques, Ibrahim Coulibaly et Fanta Mantchini Diarra avaient tenté en vain d’éviter cette démolition qui outrepassait les prescriptions du gouverneur du district, engagé dans la libération du domaine public. Ils avaient été saisis par les commerçants le 3 février qui leur ont demandé d’intercéder en leur faveur auprès de la mairie.

Cette sollicitation a amené les élus à adresser une correspondance au maire Demba Fané le 7 mars car le marché devrait être démoli le lendemain avant d’être reporté. Les députés ont écrit une lettre au maire, au gouverneur et au ministre de l’Administration territoriale, qui avait pour but de sauver le marché.

Cette lettre n’a été répondue ni par le maire ni par le gouverneur ni par le ministre. Dès lors, les occupants du marché avaient compris que les travaux de démolition allaient être appliqués à la lettre. Effectivement, le Bulldozer a fini par se mettre à l’œuvre le 18 mars sur la voie située entre le Quartier-Mali et Kalabancoro.

Les deux députés saisis par les commerçants avaient fait savoir que le marché n’était pas concerné par le déguerpissement. Rassurés, les occupants ont vaqué normalement à leurs occupations. Mais quelle ne fut leur surprise de voir leurs étals démolis le même jour !

Les élus Ibrahim Coulibaly et Fanta Mantchini Diarra, excédés, ont rencontré le gouverneur Ibrahim Féfé Koné qui a reconnu qu’en « Commune V il y a eu dérapage, confusion et amalgame et j’ai été obligé d’intervenir au niveau de l’Amandine ».

C’est à ce moment que les deux élus ont compris qu’aucun ordre n’avait été donné pour la démolition du marché de Baco-Djicoroni. Le 22 mars, ils ont reçu une correspondance du maire de la CV datant du 18 mars qui les a félicités d’avoir contribué à apaiser les esprits.

Au cours de la rencontre avec les partis, les élus ont posé des questions au maire qui sont restées sans réponse. Le maire Demba Fané s’est contenté de leur demander de tourner la page en leur promettant de prendre toutes ses responsabilités et de penser à l’avenir.

Sètè Traoré

(stagiaire)

15 avril 2008.