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A la faveur d’un point de presse organisé par le Président des déguerpis, M. Abdoul Karim Sangaré, et son équipe, le Collectif de défense de la population de Missabougou a mis le week-end dernier à profit pour faire l’état des lieux de la situation qui prévaut dans le quartier. De cette rencontre, il ressort un certain nombre de dysfonctionnements qui risquent d’entraver la bonne marche de l’opération.

Rappelons que les travaux de l’expertise de la construction du nouveau pont de Bamako ont démarré vers mois de Mai de l’année écoulée. On peut donc se permettre de se poser des questions : entre autres, ces travaux, qui visaient à baliser le terrain pour la réalisation du projet, militaient-ils en faveur de la sécurité de la population?

Lesdits travaux ont-ils songé à l’intérêt collectif de la population concernée? Le respect des normes en la matière a-t-il été la principale priorité?

A toutes ces questions, la réponse des victimes sera certes négative. Car lors de cette conférence de presse du 18 Avril 2009, tous ceux qui ont témoigné ont soutenir ne pas avoir encore remarqué, jusqu’à preuve du contraire, l’importance souhaitée par ces travaux d’avant-projet.

“Nous devrions être indemnisés bien avant la démolition. Malgré que ce principe ait été foulé aux pieds, on doit quand même prendre des mesures idoines allant dans le sens de la résolution urgente et apaisée de la crise”, a confié un des habitants de Missabougou.

Rappelons que la démolition s’est déroulée du 29 au 31 Mars 2009, et qu’elle a fait des sans-abris dont le nombre s’élève, pour le moment, à environ 76 familles : un nombre qui pourrait augmenter d’ici la fin de la construction du pont. C’est dire donc qu’on peut toujours s’attendre à tout.

Dans son intervention inaugurale, le principal conférencier et non moins Président du Collectif des déguerpris, M. Abdoul Karim Sangaré, a déclaré que l’Etat les a sanctionnés pour faire plaisir aux Chinois. Il va plus loin en annonçant que les autorités ont violé l’Article 225 du Code domanial et foncier, qui stipule que “nul ne peut être exproprié si ceci n’est pour cause d’utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité”.

La plupart des hauts cadres reconnaissent les fautes commises, mais ne tiennent pas à s’engager à fond pour l’adoption de moyens de compensation. Face à la situation, le ministère de la Justice et Garde des Sceaux a promis de déployer tous ses efforts pour faciliter, à la population concernée, l’accès aux pièces devant constituer le dossier d’indemnisation.

Mais selon M. Sangaré, cette promesse n’a été que verbale, car la réalité est tout autre au Tribunal de Sogoniko qui continue de tenir ses jugements d’attribution du certification d’hérédité, uniquement les vendredi. “A une situation exceptionnelle, des mesures exceptionnelles?”, s’est interrogé M. Sangaré.

Le second conférencier, M. Oumar Diarra, lui, a surtout axé son exposé sur la lenteur de la procédure. “Nos dossiers traînent entre les ministères en charge de la résolution de la crise”, a -t-il fait savoir.

Les questions portaient sur une éventuelle plainte contre l’Etat, l’aide de l’autorité politique, les méthodes envisagées pour arriver à bon port. En ce qui concerne la plainte, M. Sangaré a confirmé qu’à l’heure actuelle, ses partisans sont prioritairement préoccupés par l’obtention de lots et des indemnités.

L’autorité politique, quant à elle, ne semble pas s’impliquer entièrement en faveur de la population. Tous les conférenciers ont quand même tout à tour exhorté la population à toujours observer le calme, à faire preuve de patience, et à poursuivre la lutte e manière pacifique, jusqu’à l’atteinte des objectifs.

Les victimes souhaitent toucher leurs sous à la fin du mois, afin de pouvoir commencer leurs futures constructions et s’acquiter des frais de loyer pour éviter d’être expulsés par les propriétaires. C’était également, pour elles, l’occasion d’inviter les autorités à régler l’affaire le plus tôt possible, car la saison hivernale se profile à l’horizon, et certains déguerpis n’habitent pas actuellement dans des abris sécurisés.

Retenons que le comité de crise est composé de représentants des ministères du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme ; de la Justice ; de l’Equipement et des Transports ; et des Finances.

Bakoroba COULIBALY

20 Avril 2009