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Ce pouvoir ne peut se réaliser que lorsque le peuple vit dans l’union des forces, un des facteurs prédominants pour le développement d’un pays. Un proverbe dit que seule “l’union fait la force” et s’est de cette observation que la démocratie tire sa source.

Elle consolide nos rapports et nous ouvre de nouveaux horizons pour la relance de notre économie. Mais quels intérêts avons-nous tiré de notre démocratie dans la mesure où nous en avons été les porte flambeaux en Afrique? Nous avons été apprécié par tout le monde et quel bilan peut-on faire après 16 ans de régime démocratique ? Est-il positif ?


Des atouts non exploités

On ne le dirait pas, puisque nous avons passé à côté des exigences d’une vraie démocratie : la politique, certes, mais le travail d’abord. Le Mali étant un pays à vocation agro-pastorale, qu’avons-nous fait par rapport à l’exploitation de cet atout qui peut nous mettre à l’abri d’une éventuelle crise alimentaire ? Cependant, nous avons des terres fertiles à la culture et un cheptel à faire toute la sous-région.

Il faut saluer au passage le courage des différents dirigeants et leurs gouvernements qui n’ont ménagé aucun effort pour la bonne marche de l’agriculture en offrant à chaque fois que le besoin se fait sentir du matériel (tracteurs, charrues et engrais). Mais l’Etat en tire peu de satisfaction, puisque l’objectif de l’autosufisance alimentaire n’est pas atteint.


Des tares de la politique

Cette tendance a été abandonnée au profit d’autres activités lucratives telles que le commerce qui connaît une baisse de régime ces derniers temps. Alors, nous nous rabattons sur la politique, activité principale de cette démocratie galopante. Elle est émaillée par diverses tendances et chacun veut tirer son épingle de jeu (coups bas, calmonies, mensonges et enrichissements illicites).

En effet, sur la scène politique au Mali, nous ne finissons pas de compter les partis. Ils sont si nombreux qu’on ne connaît certains que par leurs noms, d’autres sont même méconnus du grand public. Et le plus souvent, les vrais militants de ces partis sont leurs créateurs et leur survie dépend de la bourse de ces derniers.

Ce qui n’est pas du tout compatible avec notre démocratie si fragile aujourd’hui. Comme si cela ne suffisait pas, un phénomène non recommandable vient troubler la paix et la sécurité des paisibles citoyens : il s’agit de la rébellion du Nord du pays, ces bandits armés sans scrupule qui sèment la terreur dans la zone de Kidal.

Est-ce là de vrais citoyens Maliens? Notre démocratie n’avait pas besoin de rébellion. Nous avons besoin de consolider les différentes structures de cette démocratie pour empêcher le navire de chavirer et garder l’image que l’opinion se fait de nous depuis plus d’une décennie.


Aboubacar TRAORE

26 Août 2008