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Depuis l’ouverture démocratique dans notre pays dans les années 1990, avec son corollaire de multiplication des formations politiques. La démocratie malienne est considérée comme l’une des plus performantes du continent noir. Mais, à l’intérieur du pays, elle se bute à des problèmes dont la faible participation aux scrutins, la vision pécuniaire de la chose politique, la transhumance politique entre autres.


L’abstinence des électeurs

La chute de la 2ème République du Mali a marqué l’ouverture de l’ère de la démocratie dont l’essence réside dans les consultations électorales pour désigner les différents dirigeants. Ainsi, depuis les premières élections plurielles de 1992 jusqu’au dernier scrutin qui s’est déroulé en juillet en 2007, le taux de participation à ces différentes échéances électorales n’a jamais frôlé les 40%.

Au-delà de la faible mobilisation des électeurs, l’avènement de la démocratie a été ressenti comme une sorte de laisser-aller entraîna ainsi la fragilisation de l’autorité de l’Etat et la multiplication des actes de vandalisme qui compromettent l’application des règles pour la bonne marche de la démocratie.

Les formations politiques qui animent la scène politique malgré les efforts déployés, ont de la peine à mobiliser suffisamment d’électeurs, surtout dans la capitale (Bamako). Puisque les statistiques disponibles démontrent que la capitale a été toujours à la traîne en terme de participation aux différentes élections successives.

L’abstinence aux élections présidentielles et législatives peut s’expliquer par la méconnaissance des candidats et leur programme, mais le boudage des communales qui constituent les élections de proximité s’explique non seulement par le passé des candidats (peu glorieux), mais aussi un désintéressement total de la chose politique.

La vision pécuniaire de la chose politique

L’un des symboles de la démocratie malienne, en plus de la faiblesse du taux de participation est le fait que ceux qui aspirent occuper des postes de responsabilité sont attirés par les biens publics. Et du coup, lors des campagnes électorales, les différentes forces en présence se livrent à une véritable démonstration de moyens.

Ainsi, le plus souvent, le plus fort sur le plan des ressources financières rafle la mise au détriment du candidat qui présente le “meilleur programme”. Les électeurs se montrent généralement incapables de faire la distinction entre les bonnes et les mauvaises “graines”, échangeant le plus souvent leurs voix aux pacotilles électorales tee-shirt, thé, des petits billets entre autres.

Ces candidats, une fois aux commandes, en compensation de l’effort de campagne, se livrent à des activités préjudiciables au développement et à la bonne marche de l’ensemble du pays.

La scène politique malienne qui est actuellement dominées par la transhumance politique s’explique en grande partie par la préservation des intérêts de ceux qui migrent ailleurs. Les facteurs idéologiques occupent de ce fait une faible place.

Mamoutou DIALLO

11 Février 2009