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Il y a 16 ans que le peuple malien , dans sa quête des libertés confisquées, renversa l’ex homme fort du Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN du 19 Novembre 1968) mettant ainsi un terme à la dictature du parti unique, Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM), crée en 1978.

Les programmes d’ajustement structures mis en œuvre de façon ininterrompue au Mali à partir de 1980 ont traversé trois phases contrastées. La première phase, celle de 1980-84 s’était traduite par la fermeture des Sociétés et Entreprises d’Etat, la seconde qui va de 1984 à 1988 s’est soldée par une profonde de la crise sociale et politique, conséquence de l’ajustement. Enfin la troisième phase, 1988 à 91, a consacré le mûrissement de la crise suivi de la chute du gouvernement du Général Moussa Traoré (GMT).

Les démocrates maliens réunis en 1991 au sein du Mouvement Démocratique ont mis fin à vingt trois ans de règne du CMLN-UDPM. Et c’était un 26 mars 1991. Mais hélas ! La chute du général Moussa Traoré ne sera qu’un triste souvenir. Après dix ans d’exercice démocratique, le constat est plutôt amère, les démocrates ont pillé et dépouillé le pays de tous ses biens, bradé les ressources minières, pratiqué une privatisation outrancière de quelques rares sociétés et entreprises restantes, forte implication dans la spéculation foncière. Ces pratiques dignes d’une ‘’voyoucratie » donnèrent naissance à ‘’21 milliardaires de la démocratie », épinglés par le rapport de la Banque Mondiale.

Dans leur accaparement des biens de l’Etat, aucun secteur n’a été oublié. Triste sort pour l’enseignement, la santé qui connaîtront à leur tour la ‘’démocratisation » qui va se concrétiser par la création des écoles privées par ci, et des cliniques privées par là. Avec l’avènement du multipartisme, la justice est devenue un camion remorque à plusieurs roues et à deux vitesses.

En plus de ces dérapages, la démocratie chez nous s’est accompagnée par son corollaire de maux de la société : les divorces en hausse, la montée du célibat, la prolifération des sectes religieuses et la montée de l’escroquerie à tous les niveaux.

Face à ce danger qui guette le Mali, Amadou Toumani Touré aurait jugé nécessaire de revenir mettre de l’ordre à l’héritage laissé par les démocrates sincères et patriotes convaincus de mars 1992 à 2002.

Amadou Toumani Touré plus connu sous le sobriquet de ATT ne fera pas mieux que ses prédécesseurs. Dès sa prise de fonction, il nomme un premier ministre proche de l’ancien régime UDPM pour bien annoncer les couleurs. Par le même processus, il réhabilite tous les anciens dignitaires afin de mieux marquer leur retour sur scène politique. Les promesses faites par ATT en mars 2002 à propos du changement sont restées lettres mortes. Ce sont les ministres et leurs familles, les députés, les responsables des Institutions de la République, les chefs de Cabinet de la Primature et de la Présidence qui ont changé leur cadre de vie alors que le peuple tire le diable par la queue.

Sous le régime ATT, les nominations se font par affinité parentale, politique ou par copinage, et les actes de détournements de deniers publics voire le laxisme dans la gestion, restent impunis. Pis les cadres reçoivent plutôt des promotions.

Hier on parlait des « 21 milliardaires de la démocratie », avec le consensus on assiste à la montée en puissance des « milliardaires du consensus », « ATT-cratie » fait échos d’une quinzaine.

Lorsqu’on est broyé par un tel système, lorsqu’on subit un rejet sans cause, un refus sans raison, la tentation devient irrésistible de recourir au plus désespéré de tous les arguments : la violence. La violence est une arme de combat contre les inégalités sociales, dixit Alpha Oumar Konaré, ancien président du Mali.

C’est donc ici et maintenant qu’il faut parler le vrai langage de la réconciliation, du changement et de la solidarité, celui qui se traduit par le partage de revenus, des avantages et qui permettra de réintégrer l’ensemble des Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur dans la communauté nationale.

Aujourd’hui sans autre passion que la justice, sans autre pratique, celui des faibles il faut nécessairement appliquer la devise : Un Peuple – Un but – Une foi. Les Maliens n’ont pas besoin d’un règlement de compte entre démocrates et militaires. Une guerre larvée qui n’aboutira à rien. Les démocrates ont pillé le Mali et les Militaires veulent à tout prix confisquer leur pouvoir pour bien manger.

Amy

08 janv 07