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« Le bateau Mali tangue mais ne chavirera jamais ». Ceci date des temps immémoriaux. Pourtant, il reste d’actualité et se confirme à chaque fois que notre patrie est menacée. Vieille nation basée sur le respect des principes cardinaux, le Mali qui a échappé de peu à la disparition après le coup d’état du 22 mars 2012 suivi d’invasion de terroristes prêtait le flanc à un soulèvement aux conséquences incalculables. Par la grâce d’Allah, la magnanimité de Soumi et la compréhension d’IBK, le Mali se sauve.

Enfin, le gros malinké accèdera au fauteuil présidentiel et tranquillement. Il n’attend désormais que la confirmation officielle des autorités compétentes, son adversaire ayant opté de reconnaitre sa défaite et se déplacer traditionnellement chez lui pour le lui signifier de vive voix.

IBK, le président

Après avoir quitté l’Alliance pour la démocratie au Mali – Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma – Pasj), Ibrahim Boubacar Kéïta (Ibk) avec certains collègues créent le Rassemblement pour le Mali (Rpm). Nous étions en 2001. Natif de Koutiala en 1945, Ibk se présente à la présidentielle de 2002 où il arrive 3ème comme faiseur de roi. Il déclare : « On m’a volé ma victoire ». Cependant, il soutient ATT au second tour au détriment de Soumi, contre toute attente. Car, auparavant, il y avait un engagement entre les deux hommes. Battu et malmené en CIV pour les législatives par Moussa Mara, il sera soutenu par la quasi-totalité des partis politiques après des tentatives et sera élu député. Soutenu par ATT alors Président de la République, Ibk va occuper le perchoir de l’Assemblée nationale pour 5 ans. En 2007, contre une coalition de partis politiques une quarantaine dont les plus grands (Adéma et Urd), Ibk est battu par ATT au 1er tour. Candidat en 2012 mais très défavorisé avec un parti frileux, cette élection n’aura pas lieu, le coup d’état du 22 mars. Il condamne le putsch et puis il le soutient en devenant l’allié inconditionnel des jeunes militaires qui lui promettent le pouvoir à la présidentielle. Junte plus islamistes vont peser dans la balance. Intimidations, vols, achats et ventes de conscience, opportunisme, etc., le propulsent à la tête d’un Etat presqu’à genoux. Ibk est le nouveau président c’est-à-dire le 3ème de l’ère démocratique après Alpha Oumar Konaré (1992-1997 et 1997-2002), Amadou Toumani Touré (2002-2007 et 2007-2012). Alors, Ibk est attendu pour sa présidence qui va débuter dans quelques jours de 2013 à 2018.

Soumi, le héros

Candidat malheureux de l’Adéma en 2002 après une grande trahison de certains caciques du parti dont Iba N’Diaye, Mme Konté, Soumeylou Boubeye, le challenger d’ATT quitte le parti de l’abeille solitaire avec ses collègues. Ils créent l’Union pour la république et la démocratie (Urd) en 2003. Le parti né avec des députés va créer la sensation lors des municipales de 2004 en se classant 2ème national. Et puis, entretemps, Soumi va à l’Uemoa et y devient le président de cette commission. Attendu en 2007, par le truchement de nombreux Chefs d’état de la sous région, il accepta de soutenir ATT pour son second et dernier mandat constitutionnel. ATT passe avec fracas au 1er tour. Favori incontesté en 2012, cette élection sera avortée par le putsch du 22 mars 2012. Démocrate et républicain, il se bat pour le retour à l’ordre constitutionnel. Ce qui lui a valu d’être maltraité et gravement blessé par de jeunes militaires hors d’eux. C’est dans la difficulté qu’il sera évacué en France pour des soins intenses. Plusieurs mois après, en patriote convaincu et ayant retrouvé la plénitude de ses membres, il retourna au bercail. Toujours favori, il se lance dans la course pour Koulouba. Il fait une campagne civilisée, limpide et propre qui l’a conduit presque partout au Mali.

Auparavant, avant de déclarer sa candidature, il a pris le soin d’écrire aux 12.000 Chefs de village pour leur faire part de sa vision, de son programme et de ce qu’il compte réaliser lorsqu’il sera élu. Répondu, il se lance dans la course. Calomnié, traité de tous les noms d’oiseau, menacé avec ses hommes, malgré tout, il se présente. Face au plan machiavélique monté ourdi ordi, il déjoue le pronostic du takokélén (un seul tour). Depuis, la pression monte, les intimidations, les stratégies de vol, etc. Plus populaire que son challenger mais seul contre tous même par des observateurs occidentaux venus pour détruire notre pays, il a surpris certains. Mais, il faut reconnaitre que l’homme né en 1949 à Niafunké est un patriote jusque dans la moelle épinière. Intellectuel confirmé, véridique et conscient de la situation de son pays et des plans machiavéliques montés contre lui, depuis la campagne, il devient le nouvel héro de notre démocratie balbutiante. Car, il s’est décidé le lundi nuit avant la fin des dépouillements pour aller remercier son grand frère et reconnaitre sa défaite. Quelle grandeur !

Par ce geste, il éclabousse les plans, les stratégies qui étaient montés contre lui et ses alliés. Il montre une fois de plus qu’il est issu d’une famille respectée et respectable de croyance, de tolérance.

Alors, merci Soumi pour avoir sauvé notre démocratie en danger et bravo Ibk pour votre victoire. Bon vent et que Dieu vous aide à relever l’énorme défi. Amen !

Boubacar DABO

Zénith Balé du 14 Août 2013