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Le symposium de Bamako ouvert lundi fait l’état des lieux des transitions démocratiques pacifiques en Afrique, vingt ans après leur construction .

« La promotion des transitions démocratiques pacifiques en Afrique » : C’est le thème du symposium qui regroupe depuis lundi à Bamako une pléiade d’hommes politiques, de diplomatiques, de chercheurs, politologues, historiens, anthropologues… du continent africain. Au cours des deux jours d’échanges, ces éminents personnalités africaines et européennes vont échanger sur l’alternance démocratique en Afrique où hélas les dirigeants qui se succèdent à la tête des Etats restent les mêmes.

La démocratie est-elle la seule forme de gouvernance susceptible d’impulser le développement en Afrique ?, la démocratie telle que définie par l’Occident sied elle aux Africains ? Que signifie alternance démocratique ? Voilà d’autres questions auxquelles le symposium s’évertuera à donner des réponses. Ce symposium organisé par l’Organisation des nations unies (Onu), l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et la Fondation Forum de Bamako se tient dans un contexte particulier pour l’Afrique où les espoirs suscités les années 80 avec l’avènement du multipartisme sont en train de s’estomper.

Les changements de régime politique pacifique à travers des élections pluralistes, transparentes et incontestées se font rares. On assiste au retour aux vieilles habitudes qui consistent à la prise du pouvoir par les armes dans le pire des cas ou par une certaine ruse (manipulations constitutionnelles avec son cortège de verrouillage douteux, mandats présidentiels illimités, tripatouillages électoraux, refus de l’alternance tout court, présidences héréditaires…) dans les meilleurs des cas.

Le coup d’Etat militaire en Mauritanie d’août dernier ainsi que les multiples mutineries sur le continent dont la toute dernière survenue en Guinée-Bissau dimanche, prouvent à suffisance que certains pays africains sont encore loin d’être des modèles de démocratie.
Refus de l’Etat prébendier

« Constitution et transition démocratique » , « le processus électoral et la transition démocratique en Afrique », « le rôle de la société civile, des partis politiques et des médias dans la consolidation de la démocratie en Afrique », sont entre autres sous-thèmes qui seront développés au cours de ce symposium qui, à en croire S. E. Cheick Sidi Diarra, le représentant du secrétaire général de l’Onu, permettra « l’émergence d’institutions démocratiques fortes permettant à l’Afrique de faire face aux crises alimentaires et financières actuelles « .

Pour diffuser et ancrer les principes démocratiques, toutes les composantes des sociétés africaines, y compris les Organisations de la société civile (OSC), vont devoir conjuguer leurs efforts, a ajouté S. E. Cheik Sidi Diarra. Ses propos ont été corroborés par son S. E. Moussa Camara, représentant permanent de l’OIF auprès de l’Onu. Dans son exposé, il impute une partie de responsabilité de l’échec démocratique sur le continent aux OSC « qui ne sont pas suffisamment fortes ».

Pour que le continent puisse trouver la voie de la réussite des transitions démocratiques pacifiques ou de la démocratie tout court, il a préconisé de repenser l’Etat et de renforcer l’éducation à la citoyenneté. Selon le conférencier, « repenser l’Etat signifie le refus de l’Etat prébendier, que la nation ne soit pas ramenée au seul président de la République, et que l’Etat demeure une continuité dans le choix des hommes qui devraient occuper les postes publics suivant leurs compétences ».

Denis Koné

25 Novembre 2008