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De cette date à ce jour, le peuple malien a vécu beaucoup d’expériences, avec des hauts et des bas. Il semble que nous soyons aujourd’hui à une étape d’évaluation du parcours démocratique afin de situer les responsabilités des dérapages constatés, mais aussi d’envisager les voies et moyens devant nous permettre de corriger les nombreuses lacunes et insuffisances constatées et à partir desquelles se pérennisent des déséquilibres socio-économiques entravant la bonne gouvernance démocratique.

LES ERREMENTS DU PROCESSUS DÉMOCRATIQUE

En effet, il y a un avis partagé par tous, quelles que soient les sensibilités, que bien d’attentes n’ont pu être comblées le long du processus démocratique. Chemin faisant, la majorité écrasante de la population s’accorde à dire que le fond des problèmes réside dans les inconsistances des partis politiques.

Ainsi, de l’ouverture démocratique à ce jour, on s’entre accuse au sein de l’échiquier politique et dans l’administration publique, deux instances où les rôles sont définis, mais où les missions ne sont pas tout à fait exécutées à hauteur de souhait.

Le mode de gestion des questions d’intérêt national a toujours été critiqué, déploré, de l’ouverture démocratique à ce jour. Le moment semble donc venu, en marge des réformes en cours aujourd’hui, de faire la part de choses.

L’objectif n’est pas de mettre en exergue les insuffisances pour continuer à critiquer et déplorer, mais de trouver un cadre qui permette de développer des synergies positives en faveur d’une meilleure gestion des affaires publiques, notamment des questions d’intérêt national.

Pourtant, avec l’élection d’ATT en 2002, le consensus politique qui avait cours fut un cadre idéal de gestion concertée de plusieurs problèmes endémiques de la nation. Malheureusement cette expérience qui était enviée partout ailleurs n’a pu durer. Elle aura permis néanmoins de poser les jalons dans certains domaines de d’obtenir des résultats meilleurs dans certains cas, qui sont demeurés cependant en deçà des attentes.

DES RÉSULTATS MITIGES DE LA GESTION DES QUESTIONS BRULANTES

Ainsi, la gestion des problèmes n’a jamais été à la hauteur des attentes de tous, malgré l’enregistrement d’avancées significatives dans plusieurs domaines. Il ressort en effet, que la crise scolaire n’a connu pendant cette période que des moments d’accalmie.

Avec le forum sur l’école, il y davantage d’espoir que l’on se rapprochera des solutions appropriées, mieux adaptées aux réalités. Mais il va falloir que tous s’impliquent avec la ferme volonté de réussir.

L’autre problème et non des moindres, est relative à la gestion des ressources publiques. Ce n’est pas un hasard si ATT, peu après son arrivée au pouvoir, a institué le bureau du vérificateur général. Il a publié des rapports de contrôle accablants ayant suscité de vives réactions, sans que les présumés coupables ne soient inquiétés.

Ainsi, ceux qui avaient prédit que ATT, après sa réélection mènerait la croisade contre les fossoyeurs de l’économie nationale se rendent à l’évidence qu’ils sont passés à côté. Mais entre-temps, la corruption et la délinquance financière gangrènent de plus en plus l’économie du pays, l’administration publique.

UN ESPRIT NOUVEAU

C’est contre la pérennisation de telles pratiques que certains acteurs du Mouvement démocratique s’insurgent. Ils sont en train de poser les jalons de la création d’un parti d’un nouveau type avec de nouvelles vision, approche et philosophie dirigé non pas contre une personne, un parti ou un groupe quelconque.

Leur ambition, c’est de combattre les mauvaises pratiques, ceux qui s’y adonnent et faire découvrir une nouvelle voie, celle qui permettra de créer les conditions d’une société plus juste, plus équitable avec de meilleures condition de vie, de travail et de soin des populations, toutes sensibilités confondues.

Pour ceux-ci, après tant d’années de pratique démocratique, nous devrions être à l’abri de la pauvreté endémique qui affecte la majorité écrasante de la population. Même au plan électoral, ces démocrates maliens envisagent un renversement des tendances en cours de l’ouverture démocratique à ce jour.

FAIRE AUTREMENT LA POLITIQUE

Il s’agit pour eux, d’aller à une nouvelle perception de la politique, en mettant au devant non pas des intérêts personnels ou de groupuscules, mais l’intérêt général. Dans ce sens, ils protestent contre la fraude électorale, l’achat de consciences et la corruption politique, des pratiques qui se font au détriment des plus pauvres et de l’économie nationale.

Ceux qu’on pourrait appeler des rénovateurs et qui entendent mettre sur les fonts baptismaux un parti dénommé Parti Démocrate Malien. Ils ont déjà envoyé dans le Mali profond des acteurs chargés de la mobilisation, de l’information, de la sensibilisation et de la conscientisation des populations rurales sur une vision plus réaliste et pragmatique de la pratique politique.

Ils ont pour mission de mobiliser les personnes ressources dont la plupart n’avaient aucun lien avec la politique qu’ils consideraient comme de la pure supercherie, au regard des expériences qu’ils ont vécues ou vues aux alentours.

VERS UNE RÉVOLUTION CULTURELLE PAR LA FORMATION A LA CITOYENNETÉ
Dans le cadre de leurs actions de sensibilisation, ils présentent les futurs membres de leur parti comme étant des membres d’une même famille qui doivent apporter chacun, en ce qui le concerne, sa contribution à la constitution des moyens de survivance et du bien-être de la grande famille qui oeuvrera pour plus de justice sociale, une meilleure gestion des ressources de l’Etat.

Ainsi, entendent-ils faire autrement la politique en insufflant une nouvelle dynamique permettant à chacun, quelle que soit sa position, son statut social, de tirer son épingle du jeu politique, de la gestion des affaires publiques. Il s’agira ainsi de faire en sorte de cultiver et renforcer la citoyenneté au sein de la population générale pour un avenir meilleur.

Les fondateurs de ce parti politique en gestation ont l’ambition de sortir des sentiers battus pour proposer et se battre pour la transformation qualitative de la société, de la politique et de l’administration, un processus qui passe forcement par des efforts visant une reconversion de mentalités sur fond de revolution culturelle.

L’ambition est noble, la tache difficile, mais pas impossible et le chemin long, quoi que porteur d’espérance.

Moussa SOW

05 mars 2009