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Porté sur les fonts baptismaux en juillet 2005 d’une dissidence du Mouvement Citoyen avec comme slogan “faire la politique autrement”, le Parti Citoyen pour le Renouveau (PCR), est en train de mourir. Le Bureau Politique National (BPN), organe dirigeant du parti se désintègre de jour en jour. Des démissions en cascade et des abandons se suivent. Visiblement, les ambitions ont pris le pas sur les convictions. Le “Renouveau” est devenu un simple leitmotiv. Le comportement de certains responsables du parti est responsable de cette situation de déconfiture.

Le BPN/PCR est-il en manque d’inspiration ? A quand le 1er congrès ordinaire du parti ? Jusqu’où l’hémorragie s’arrêtera ?

Le BPN vole en éclat

Les dernières démissions en cascade du Bureau Politique National du PCR date du 18 février 2010. Il s’agit des démissions de M. Amadou Touré, secrétaire politique adjoint, de M. Bréhima Sanogo, secrétaire à l’emploi et à la formation professionnelle, du Dr. Etienne Keïta, secrétaire aux relations extérieures, du Dr. Siaka Amara Sanogo secrétaire à la communication, de Mme Traoré Irène Touré, 2ème vice-présidente, du Pr. Bréhima Diallo, secrétaire à la santé et à la solidarité et le Dr. Moussa Daouda Diarra, secrétaire aux mouvements associatifs et aux organisations socioprofessionnelles.

Porté sur les fonts baptismaux en juillet 2005 avec comme leitmotiv “faire la politique autrement”, le PCR avait suscité un espoir certain pour le peuple malien, déçu jadis par les partis traditionnels. Ses initiateurs étaient tous convaincus et animés d’une même foi, que le grand Mali avait besoin d’une nouvelle classe politique pour assurer l’encadrement et même la survie de sa démocratie.

La forte adhésion populaire au nouveau parti, malgré son manque de moyens financiers et administratifs, malgré un échiquier politique national suffisamment miné, témoignait de ce besoin impérieux de faire une politique fondée sur l’éthique et la morale.

L’assemblée générale constitutive du 09 juillet 2005 avait confié au Bureau Politique National provisoire deux grandes missions, à savoir : la structuration du parti et l’organisation du 1er congrès statutaire en décembre 2005. Depuis cinq longues années se sont écoulées.

De la structuration du parti

En 5 ans d’existence, le PCR n’a pas pu mettre en place les structures requises pour son fonctionnement, non pas par manque de militants, mais par manque de vision et de pragmatisme, soulignent les démissionnaires. Ainsi à Bamako, seules 3 sections ont été validées sur les 6 prévues, soit un taux de structuration de 50%,

A l’intérieur du pays, et conformément aux textes du parti, il devrait y avoir une section par cercle. Ainsi sur un total de 55 sections prévues, seules 10 ont été validées soit 17,8%. Seules deux coordinations régionales (Koulikoro et Sikasso) sur 9 ont été mises en place, soit 22% de réalisation.

Ce faible taux de structuration du parti n’est pas seulement le fait de manque de moyens financiers, mais s’explique en grande partie par un manque de capitalisation des ressources humaines qui, du reste sont les premières de toute science utile. Les résultats aux différents scrutins reflètent bien cette structuration médiocre du PCR.

Le 1er congrès dans l’impasse

Le congrès est l’instance suprême du parti. Le premier congrès statutaire du PCR a été maintes fois programmé, et maintes fois reporté. Seul le congrès aurait pu permettre d’analyser les forces, les faiblesses, les menaces et les opportunités. La déliquescence du BPN, la faiblesse de la structuration, la volonté délibérée de certains de ne pas inscrire la noble action du PCR dans la durée n’ont pas permis la tenue de cette instance dont la légitimité dans le contexte actuel est discutable.

Le bureau politique national s’est désintégré. Des démissions en cascade se suivent. Au sein du BPN, 18 personnes ont démissionné soit, 48.64%. Le taux des abandons se chiffre à 29.73%, soit 11 personnes.

Le BPN a volé en éclat : “Les ambitions ayant pris le pas sur les convictions, le Renouveau n’est-il pas devenu un simple slogan de politiciens en manque d’inspiration ?
Pilotage à vue, improvisation, intrigue et manipulation demeurant l’autre façon de faire la politique autrement.

Analysant avec la plus grande lucidité cette situation, Refusant de violer le contrat moral qui nous lie au peuple malien à ne faire de la politique que pour l’intérêt des maliennes et des maliens.

Nous, membres du BPN signataires de la présente lettre ouverte, démissionnons de toutes les instances du parti Citoyen pour le Renouveau à compter du 18 février 2010”, ont conclu les démissionnaires.

Face à cette situation, les réactions de M. Ousmane Ben Fana Traoré, président du PCR, de Modibo Doumbia, secrétaire politique du parti et autres sont vivement attendues.

Daba Balla KEITA

22 Février 2010.