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La « marée noire » qui guette le Cnid/Fyt continue. Après des démissions constatées au comité directeur, aux sections de Ségou et Sikasso, Bougouni annonce la couleur et le pire est à venir.
Sale temps pour Me Mountaga Tall, président du Cnid/Fyt, accusé de tous les pêchés d’Israël par les militants démissionnaires. Du fait du désamour créé autour de sa propre personne, les réunions du comité directeur sont boudées. Selon des indiscrétions, ces réunions ne sont suivies que par une quinzaine de membres sur la soixantaine que compte la direction du parti du Soleil levant.

Plus les jours passent depuis la démission annoncée la semaine dernière d’une soixantaine de membres du comité directeur, dont le secrétaire général Ndiaye Bah, plus les nuages s’amoncellent sur le parti dont des sections entières rendent leurs tabliers.

Le déluge a eu lieu dans la section de Bougouni. Dans sa lettre de démission, datée du 5 juin 2010, la section entière au nombre de 78 membres, sous la direction de Mamadou Samaké, a pris ses distances du parti. Ils motivent leur départ en évoquant « les souffrances et humiliations endurées pour le parti et la situation désastreuse qui prévaut en ce moment au sommet, qui est de nature à empirer nos maux ».

De sources proches de ce qui reste encore du comité directeur du Cnid, d’autres sections comme Yanfolila, Kayes, Kidal et Tombouctou sont dans la logique de rendre le tablier ce week-end. Dans la même instance dirigeante du parti, ceux dont le départ est mis en doute par Me Tall (pour, selon lui, n’avoir reçu aucune lettre dans ce sens) sont dans le starting-block.

Vers un nouveau parti

Le secrétaire général Ndiaye Bah par qui est venu le malheur, le secrétaire politique, celui des jeunes et des femmes, entre autres, seront rejoints dans les jours à venir par d’autres camarades du bureau et non des moindres. « Il s’agit de question de jours, juste le temps de mettre la forme », nous a-t-on appris dans le milieu des frondeurs. Les démissions au comité directeur sont estimées à 80 % dans les jours à venir.
Ségou, la ville natale et fief de Me Mountaga Tall, a rejoint la fronde de même que la section de Sikasso le dimanche 6 juin 2010 (voir Les Echos du mercredi 9 juin). Le maire Cnid de Ségou, Youssouf Simaga, dont le nom n’apparaît pas sur la liste des démissionnaires de sa section, est sur le pied de départ.

Le Cnid ainsi décapité en est à sa plus grande scission et la deuxième depuis sa création, il y a 19 ans. De mémoire d’analystes et d’observateurs de la scène politique nationale, jamais un parti au Mali n’a enregistré une aussi forte saignée dans ses rangs surtout au sein de sa direction.

Les démissionnaires dont des membres fondateurs du parti réfutent toute idée de regagner le Mouvement citoyen, qui reste une association. Ils entendent créer un parti politique qui sera porté sur les fonts baptismaux à la fin de ce mois.

Abdrahamane Dicko

10 Juin 2010.