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Le ministre de la Justice, jaloux de ses prérogatives, est revenu jeudi sur la polémique née de la démission du procureur de la Commune III. Me Mohamed Aly Bathily a rappelé le rôle du procureur de la République et surtout sa dépendance vis-à-vis du garde des Sceaux.

A propos du différend qui l’oppose le procureur général de la République, le ministre de la Justice, Mohamed Aly Bathily, profitant de la tribune de la formation de jeunes magistrats en environnement hier au CICB, a précisé que le procureur général ainsi que les procureurs des tribunaux sont tous placés sous la tutelle du département de la Justice, Garde des sceaux.

Il a poursuivi qu’il était de son devoir d’instruire au procureur démissionnaire les instructions de l’administration judiciaire pour l’exécution de l’action publique contre des individus, notamment le maire du district, Adama Sangaré, qui seraient impliqués dans des affaires.

Il s’est dit surpris d’entendre des voix déplorer une atteinte à l’indépendance judiciaire ou immixtion dans les affaires judiciaires. Des propos qu’il a rejetés et de démentir ces derniers dont le procureur de la Cour d’appel, Daniel Tessougué, lequel a été rappelé à l’ordre par le ministre Me Bathily.

L’action engagée par le président de la République contre la corruption et la délinquance financière n’a pas l’heur de plaire au monde judiciaire. La justice fait tout pour torpiller la volonté présidentielle surtout après l’arrestation de trois magistrats et un huissier de justice, soupçonnés d’avoir posé des actes délictuels. L’esprit de corps est très développé chez les juges.

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, premier maillon de cette lutte implacable contre la corruption, a déjà pris d’énorme coup dans ce sens, mais fait montre d’une opiniâtreté qui doit être soutenue par tous les Maliens soucieux de transparence dans la conduite des affaires publiques.

Le procureur de la République au Tribunal de première instance de la Commune III, faut-il le noter, a démissionné suite à des instructions du ministre de la Justice, qui l’a invité à procéder à l’interpellation du maire du district, impliqué dans plusieurs litiges fonciers. Certains évoquent plus d’un millier de plaintes à son encontre.

Ousmane Daou

L’Indicateur du Renouveau du 17 Janvier 2014