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Dix délégués des Forces Nouvelles, représentant l’ensemble des dix zones de commandement, viennent de tenir un conclave, du 12 au 14 Avril 2009, au siège du Secrétariat Général des FN à Bouaké. Cette rencontre au sommet des Délégués Généraux a été sanctionnée par un communiqué final réclamant la démission du Premier Ministre Soro Guillaume, par ailleurs, Secrétaire Général du Mouvement Patriotique de Cote d’Ivoire (MPCI).

La nouvelle a vite fait le tour des salons feutrés de la capitale économique du pays. Beaucoup d’ivoiriens voyant dans une éventuelle démission de Soro, une nouvelle occasion pour le pouvoir FPI de « mélanger le pays ». Qu’est-ce qui a bien pu pousser ces délégués à demander au Patron des Forces Nouvelles, de quitter la Primature qu’il occupe depuis 2004 ?

Les observateurs avertis de la scène politique ivoirienne n’ont, vraiment pas été surpris par cette ultime décision des Fn. Car il aurait été surprenant de voir les hommes de Soro indifférents aux récentes attaques de hauts dignitaires du parti au pouvoir, au sujet des lenteurs observées dans le processus de sortie de crise, qu’ils imputaient aux hommes aux Forces Nouvelles.

En effet, dans différentes déclarations, Pascal Affi N’guessan, Président du FPI et William Atteby, membre influent du CNRD (Congrès national de la résistance pour la démocratie), ont lancé des piques à l’endroit des acteurs politiques de la scène Ivoirienne, en général et aux Forces Nouvelles en particulier.

Lors d’un de ses passages à Paris, le Président du FPI s’en est pris aux Fn en ces termes : « Il n’y aura pas d’élections transparentes, crédibles et fiables si le pays n’est pas réunifié totalement, si l’autorité de l’Etat ne s’exerce pas entièrement et effectivement sur l’ensemble du territoire, si des combattants incontrôlés continuent d’exercer une quelconque autorité sur une parcelle du territoire. »

La flèche du Député Atteby, au cours d’une conférence publique à la Sorbonne – Solidarité au Plateau : « (…) il faut que Bouaké soit débarrassée de la rébellion. Il s’agit qu’une force puissante se lève. Il faut que Bouaké soit débarrassée de la rébellion, martela l’honorable Député avant d’ajouter qu’«on aura jamais une politique de développement tant que le pays ne sera pas débarrassé des rebelles ». C’en était trop pour les Forces Nouvelles qui, à travers les délégués de zones, déduisent que « ces allégations tendancieuses des barons du FPI ne sont qu’affabulations ».

C’est ce qui les a poussés à se rendre à l’évidence que tous ces propos malveillants du FPI avaient pour but de convaincre la communauté nationale et internationale, que les Forces Nouvelles seraient réfractaires à l’application de l’Accord complémentaire IV et de l’Accord Politique de Ouagadougou.

Toujours selon les délégués,ces cadres du FPI veulent faire croire que les Fn s’opposeraient à l’application de cet accord sur quatre points essentiels qui sont : le processus d’identification, la passation de charge entre Préfets et com’zones, le redéploiement de l’administration fiscale et douanière et celui des services de police et de gendarmerie.

C’est au vu de toutes ces observations que les FN concluent en en ces termes : « Pour ne pas que le premier Ministre soit comptable de cette manœuvre machiavélique, nous Délégués Fn demandons au Secrétaire Général sa démission en qualité de Premier Ministre ; qu’il revienne à Bouaké pour se mettre à l’avant-garde de la lutte du peuple ivoirien pour l’amélioration de son vécu ».

Un éventuel départ du Premier Ministre et Secrétaire Général des FN serait il la bonne solution pour accélérer le processus de sortie de crise ?

Une transition sans le Président de la République, candidat à sa propre succession n’est-elle pas envisageable et recommandée comme solution de sortie de crise pour la Cote d’ivoire ?

Ce sont, aujourd’hui des questions qui taraudent la grande majorité des ivoiriens, soucieux d’une sortie définitive de la crise.

Plus qu’une réelle demande de démission de leur mentor, les délégués Généraux FN mettent plutôt la pression sur Gbagbo et le FPI, pour booster le processus de paix en Cote d’Ivoire.

De Gildas, correspondant du Républicain à Abidjan

16 Avril 2009