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Au terme d’une réunion tenue le mardi 10 septembre 2013 dans la nuit et présidée par le bouillant secrétaire général du Parena, Djiguiba Kéita alias PPR, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR), a contesté mardi la nomination de l’ancien ministre de l’Administration, chargé de l’organisation des élections, le général Moussa Sinko Coulibaly, au motif que celui-ci n’a pas été neutre lors de la présidentielle à l’issue d’une réunion extraordinaire. L’opposition va-t-elle donc boycotter les législatives si sa revendication de mise à l’écart du ministre n’est pas satisfaite ?

Comme nous l’avons annoncé dans notre édition de mardi, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la république (anti-putsch), a tenu ce jour-là une réunion extraordinaire pour analyser le nouveau gouvernement. Comme prédit, il a rejeté la reconduction de l’ancien ministre de l’Administration, chargé de l’organisation des élections, le général Moussa Sinko Coulibaly, au motif que celui-ci n’a pas été neutre lors de la présidentielle.

«Nous ne voulons plus du ministre de l’Administration territoriale, le général Moussa Sinko Coulibaly, dans le nouveau gouvernement, parce que lors du premier tour de l’élection présidentielle du 28 juillet dernier, il s’est manifesté par un comportement qui laissait à désirer», a expliqué un responsable du FDR ayant pris part à cette réunion, présidée par le bouillant secrétaire général du Parena, Djiguiba Kéita dit PPR, non moins vice-président du FDR.

Selon ce même responsable du FDR, « une administration doit être neutre, impartiale. Mais, tel n’a pas été le cas lors de la présidentielle. Le ministre Moussa Sinko Coulibaly a été partial. Il a voulu faire passer IBK dès le premier tour en le déclarant vainqueur ».

Le responsable en question d’ajouter : « Fort de ce constat, nous ne voulons pas que le ministre Moussa Sinko Coulibaly organise les élections législatives à venir » .

Voilà ce qui est clair. Or, selon toute vraisemblance, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, qui, contrairement à ses déclarations, semble être inféodé à l’ex-junte Katoise, n’est pas prêt à tendre une oreille attentive à la requête de l’opposition car malgré toutes les récriminations contre Moussa Sinko pendant la présidentielle, IBK a décidé de le reconduire. A quelle fin ? On sait quand même que les législatives qui sont à venir sont cruciales pour le nouveau régime qui a besoin d’asseoir son pouvoir sur une majorité confortable et que pour réaliser ce pari IBK a besoin d’un ministre qui va rouler pour lui comme l’ancien directeur de cabinet du capitaine Sanogo. Celui-là même qui était pressé de déclarer IBK vainqueur de la présidentielle jusqu’à aller proclamer des résultats partiels sans taux. Etait-il au courant de sa reconduction dans le futur gouvernement IBK quand déjà au lendemain de la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, il a convoqué la classe politique au gouvernorat pour aborder la question des législatives ?

En tout cas, la balle semble dans le camp du FDR qui semble lui-même être dans une situation délicate. Acceptera-t-il d’aller aux législatives avec Moussa Sinko Coulibaly ? En le faisant, le FDR sait qu’il en sortira bredouille. L’autre plan est d’exiger la démission du général Moussa Sinko de ce département stratégique avant les législatives. Si cette revendication ne est pas satisfaite, l’opposition va-t-elle donc boycotter les législatives ? C’est à cette perspective que certains de ses leaders pensent déjà. Au nouveau président de leur donner les assurances de transparence pour éviter ce scénario auquel il est quand même habitué quand on sait qu’il a tenu en 1997 des élections sans fichier électoral et avait fini par envoyer en prison de nombreux leaders politiques dont certains viennent de le soutenir au second tour de la présidentielle.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 12 Septembre 2013

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7 ministres de la transition restent dans le Gouvernement Tatam Ly : la récompense du mérite

Le Président de la République, El Hadj Ibrahim Boubacar Kéita, a rendu publique, par décret, le dimanche le 8 septembre, la liste des membres de son Gouvernement. Ils sont 34 ministres à y figurer dont 4 femmes et 7 de l’ancien Gouvernement de transition.

Sans doute, le maintien de ces 7 ministres dans l’équipe d’Oumar Tatam Ly se justifie, d’une part, par leur mérite et pour leur permettre de poursuivre les importants chantiers qu’ils ont entamés et qu’ils n’ont pas pu terminer avant la fin de la transition. Ces 7 ministres, en premier, le ministre de l’Administration territoriale, le Général Moussa Sinko Coulibaly, le ministre du Commerce, Abdel Karim Konaté dit Empé, le ministre de l’Equipement et des transports, le Colonel Abdoulaye Koumaré, le ministre Tiéman Hubert Coulibaly, précédemment aux Affaires étrangères, qui déménage aux Domaines de l’Etat et des affaires foncières, le ministre de l’Environnement et de l’assainissement, Ousmane Ag Rhissa, le ministre de la Culture, Bruno Maïga et le ministre Bocar Moussa Diarra qui quitte l’Education pour la Fonction publique.
L’histoire retiendra que le Général Moussa Sinko Coulibaly a réussi à organiser les élections les plus régulières de notre histoire démocratique. Le premier ainsi que le second tour de la présidentielle, qui a sanctionné la transition, ont été unanimement salués par l’ensemble des observateurs nationaux et internationaux. Tous ont reconnu la régularité et la sincérité de cette compétition électorale. C’est sûrement à cause de ce beau travail que le Président élu et son Premier ministre lui ont renouvelé leur confiance pour lui permettre de poursuivre dans la perspective de l’organisation des législatives qui pointent à l’horizon.

Le second ministre reconduit est l’ancien ministre des Finances, Abdel Karim Konaté dit Empé. Il a désormais entre ses mains le secteur combien sensible du commerce. On se rappelle la maestria avec laquelle il a géré le ministère des Finances après le départ du très rigoureux Tièna Coulibaly. Tout le monde avait presque prédit l’échec de l’Empereur. Mais il a su tenir tête en gérant à bon escient les dossiers brûlants de la transition. On se souvient encore de sa brillante intervention lors de son interpellation sur certains dossiers. Empé avait réussi à rassurer l’opinion sur la bonne gestion des finances du Mali. Dissipant, du coup, l’inquiétude de l’opinion nationale après sa nomination à l’hôtel des Finances. Car tout le monde pensait qu’il allait gaspiller nos maigres deniers publics. Mais il a su maintenir le cap en ne touchant surtout pas aux projets classés par le FMI.

Le Colonel Abdoulaye Koumaré doit, lui aussi, son maintien dans le Gouvernement Tatam Ly à la nécessité de poursuivre son chantier visant à mettre fin à la situation de monopole dans l’attribution du marché des visites techniques au Mali et la délivrance des plaques d’immatriculation des véhicules, la modernisation des documents administratifs, notamment les permis de conduire. Sous son autorité, l’entretien routier a aussi connu une nette amélioration. On se rappelle aussi la vaste campagne d’assainissement qu’il avait entreprise dans nos entrepôts de certains pays dans lesquels avaient transité des centaines de véhicules des rebelles. Il n’a donc pas hésité à relever les responsables indélicats de ces entrepôts. Le Colonel veut décentraliser la délivrance des plaques d’immatriculation et la visite technique des véhicules. Bon courage Colonel!

Le quatrième ministre reconduit est l’ancien ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Tièman Hubert Coulibaly. Après avoir boosté la diplomatie malienne, il se voit nommé à la tête du département des Domaines de l’Etat et des affaires foncières. Ce jeune Président de l’UDD, réputé rompu à la tâche, va s’atteler à mettre de l’ordre dans ce département combien sensible, devenu problématique à cause de la délinquance foncière.

Les autres ministres reconduits doivent leur maintien à leur mérite dans leurs départements ou pour leur combat politique. Il s’agit notamment du ministre de l’Environnement et de l’assainissement, Ousmane Ag Rhissa et Bruno Maïga de la Culture qui a redonné confiance aux artistes maliens et accentué la promotion de la riche culture malienne. Idem pour Bocar Moussa Diarra.

Youssouf Diallo

22 Septembre du 12 Septembre 2013