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La rébellion touarègue au Mali a perduré. C’est ce que pense tout le monde: les militaires, l’opinion publique nationale, les plus hautes autorités du pays elles mêmes. Reprise depuis la veille des élections générales de 2007, il n’y a eu qu’un petit temps de répit des suites de négociations entre les autorités maliennes et les représentants des rebelles.

En effet, malgré l’existence du pacte national, il y a eu la signature de l’accord d’Alger, chose qui n’a pas été partagée par tous les Maliens. Les mécontents de cet acte posé par les plus hautes autorités du pays se retrouvent dans toutes les sensibilités de la société malienne.

La spirale interminable de la violence des bandits armes

Mais, pendant longtemps après la signature de cet accord, le pouvoir est resté fidèle à son approche de règlement pacifique de la rébellion et cela ne faisait qu’offusquer les uns et les autres, puisque les attaques continuaient de plus belle.

En fin de compte, lorsqu’on se réfère à ses déclarations récentes, le président de la République a aussi manifesté sa colère face à des attaques de bandits armés qui prétendent agir au nom et dans l’intérêt des communautés des régions du nord.

Paradoxalement, celles-ci ne les soutiennent pas. Plusieurs déclarations provenant d’eux attestent cela. Par ailleurs, il a été dit et répété par plusieurs responsables du pays que nos rebelles étaient devenus des terroristes, que rien ne pouvait légitimer les actes qu’ils continuaient à poser: pose de mines antipersonnelles, attaques interminables des camps et postes, usage de grenades contre les populations.

Bref, tout ce qui est de nature à entretenir l’insécurité dans les régions nord du pays, à susciter de la méfiance chez les partenaires au développement et donc à entraver la mise en oeuvre des projets et programmes de développement. De même, le nombre de victimes des attaques ne cessait de se multiplier. Une situation insupportable et inadmissible en somme.

La réaction du président amadou Toumani Touré

C’est compte tenu de cette persistance des attaques et du mécontentement qui prenaient de l’ampleur que le président Amadou Toumani Touré avait réagit en disant : “Trop, c’est trop !” La riposte n’a pas été immédiate, mais une opération de ratissage a permis d’arrêter des éléments de Ibrahim Ag Bahanga dont, dit-on, son bras droit. Ceux-ci ont été faits prisonniers. Il semble que cela fut le début d’opérations musclées contre les rebelles et leurs bases.


Un véritable cadeau d’anniversaire pour l’armée nationale

C’est ainsi que le 19 Janvier, à la veille même du 48ème anniversaire de l’armée malienne que des éléments des forces armées ont démantelé une importante base des rebelles. Cette opération a permis, selon les sources officielles, de prendre des rebelles qui ont été faits prisonniers, de trouver un véhicule équipé en armements militaires sophistiqués, des armes et munitions diverses.

L’opération a été un succès pour l’armée malienne mais aussi pour l’ensemble du peuple malien épris de paix sociale et de sécurité. Elle est un véritable cadeau pour la vaillante armée nationale qui a perdu ces derniers mois beaucoup de ses éléments au front. Au sein de l’opinion publique nationale, on espère que cette tendance se poursuivra pour bouter la rébellion hors du Mali et ce pendant un bon moment.


Un geste de reconnaissance du sacrifice

Le président de la République vient récemment de mettre à la disposition des familles des victimes de la rébellion 75 millions de francs CFA et 75 tonnes de céréales. En cette circonstance, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants Natié Pléah a dit que, depuis le début de la rébellion, le président de la République fait des gestes de ce genre à l’endroit de l’armée, de ses victimes et qu’ils ont toujours été associés à ces initiatives qui viennent à point nommé.

La vie n’a pas de prix, a-t-on l’habitude de dire. D’ailleurs, notre constitution stipule que la personne humaine est sacrée et inviolable. Ce geste du président de la République n’est autre chose qu’une manière d’alléger les souffrances des parents des victimes de la rébellion et de leur faire comprendre que la patrie pour laquelle ils sont morts pense à elles.

Le plus important est de faire en sorte que les opérations militaires se poursuivent sans répit pour que cesse cette rébellion qui est une entrave à tout progrès socio-économique.

Moussa SOW

21 Janvier 2009