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Telle est l’ambition du projet de conservation et de valorisation de la biodiversité du Gourma et des éléphants sur le dénombrement des éléphants du Gourma (PCVBGEDEG). Pour faire passer l’information, les responsables du projet étaient face à la presse le mardi 5 juin à la Maison de la Presse.

Cette conférence était animée par le chef du projet, Biramou Sissoko, assisté de ses collaborateurs et des partenaires techniques et financiers, notamment la banque mondiale et l’union internationale de la conservation de la nature (UICN).

La création de ce projet fait suite à l’élaboration et à l’adoption par le Mali en 2000 de la stratégie et du plan d’actions en matière de diversité biologique. Le projet permettra de renforcer davantage les espèces déjà existantes et développer ces différentes espèces.

Ainsi, il ressort qu’au Mali, il existe 1739 espèces spontanées ligneuses dont 8 sont endémiques. L’avifaune du Mali comporte, au moins 640 espèces dont 15 sont considérées comme rares. La faune du Mali comporte au moins 136 espèces de mammifères, selon les statistiques de l’UICN étabies en 1989 dont 70 espèces de grands mammifères. Les oiseaux migrateurs paléarctiques passent de 75% de leur temps au Delta central du Niger. Quant à l’Ichtyo faune, le Mali compte 143 espèces de poissons. Toutes ces différentes espèces sont reparties entre 5 grands types d’écosystème, dans 5 zones bioclimatiques, dans 14 régions naturelles et dans 49 zones agro-écologiques.

Pour faire face à la nature globale de la perte de diversité biologique et l’insuffisance des moyens de pays, trois axes stratégiques furent identifiés par le projet à savoir la création des conditions et les incitations permettant aux collectivités territoriales de réaliser eux-mêmes une conservation efficace, le renforcement des capacités humaines et techniques de conservation et d’utilisation durable de ressources de la diversité biologique et enfin le renforcement des outils de conservation.

Le projet, qui intervient dans le Gourma et couvre environ 4 millions d’hectares essentiellement pastoraux et touche 3 régions administratives (Mopti, Tombouctou, Gao et 18 communes), a démarré ses activités en 2006. C’est ainsi que quelques résultats furent enregistrés à la date du 1er juin 2007.

Après la mise en place des structures, l’équipement, le recrutement et le déploiement de 5 conseillers et de 20 animateurs, la formation du personnel, l’exécution de la campagne d’information et de sensibilisation de 4 826 personnes, la validation du choix de cinq sites de conservation, la réalisation des missions de patrouilles, le projet, en collaboration avec un expert et spécialiste des éléphants de l’UICN, Philipe Bouché, a effectué du 27 mai au 1er juin au comptage des éléphants.

Il ressort qu’au décompte final, il y a eu un nombre stable entre le premier comptage effectué en 2002 et le dernier effectué en 2007, soit 344 éléphants en 2002 contre 344 en 2007.

Parmi ces éléphants, 50% de ces animaux sont des femelles, 13% sont des mâles, 26% sont juvéniles et 11% sont subadultes. Pour cela, le Mali, qui entend développer ces espèces, doit préserver la variété des ressources biologiques; d’où le sens de ce projet. Pour atteindre cet objectif, trois composantes furent créées.

La première composante, c’est de faire créer par les collectivités, des aires de conservation en vue d’assurer leur propre gestion. La 2e composante, c’est mettre un fonds d’appui pour aider les initiatives locales en matière de gestion de la biodiversité et enfin la 3e, c’est de renforcer les capacités de compétence communale et intercommunale de gestion des ressources biologiques du Gourma.

Tout cela est pris en compte et surveillé de près par un comité de pilotage présidé par le ministre de l’environnement. D’autres comités seront créés au cours du projet pour faciliter la tâche à tous les acteurs dans la zone du Gourma.

Rappelons que depuis les temps immémoriaux, le Gourma était considéré comme un habitat naturel des éléphants. Aujourd’hui ces espèces tendent à disparaître si rien n’est fait. Ce qui explique les raisons de la création de ce projet.

Il faut noter que ce projet est financé par le fonds pour l’environnement mondial à travers la Banque Mondiale, le Fonds Français pour l’environnement mondial à travers l’AFD, le gouvernement du Mali et les communautés bénéficiaires à travers les communes.

Cet projet qui va durer 6 ans, coûtera plus de 5 milliards de F CFA. Pour le coordinateur principal, Biramou Sissoko, au Mali le braconnage des éléphants ne s’est jamais encore pratiqué.

Les responsables envisagent de parrainer le monument éléphant en Commune IV. Une manière pour eux de bien informer et sensibiliser sur la valeur de l’éléphant.

Quand à la menace dont fait l’objet des éléphants, il s’agit uniquement de la pression pastorale en saison sèche. Car, selon M. Sissoko, les éléphants et les hommes qui cohabitent sont à la recherche de la nourriture. Ce qui entraîne souvent des difficultés.

A la question de savoir si un éléphant devient dangereux et agressif, M. Sissoko répondra que la loi autorise à l’abattre mais à condition d’écrire une demande d’autorisation à l’agent forestier sur place.


Sadou Bocoum

06 juin 2007.