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Les fondements de notre société sont en train d’être profondément ébranlés par des pratiques peu orthodoxes, notamment la prostitution et la délinquance sous toutes ses formes. Ces formes de la dépravation des moeurs s’expliquent par plusieurs facteurs qui ont fait l’objet de multiples débats et ce à plusieurs niveaux sans qu’on parvienne à y trouver des solutions appropriées.

Quelques facteurs

Au sein de l’opinion publique nationale, on est de plus en plus convaincu que la dépravation des moeurs dans notre pays s’explique surtout par son ouverture à l’extérieur, notamment à travers les images qui sont projetées par la télévision, les vidéo et DVD. A vrai dire, il n’existe pas de contrôle rigoureux par rapport à l’importation des images dans notre pays.

Si on tente d’expliquer cet état de fait par le caractère laïque de la République, force est de constater que cela ne résiste pas à une analyse sérieuse dans la mesure où les autorités, quels que soient les choix et orientations politiques, ont l’obligation de veiller au respect de nos bonnes moeurs. C’est sans doute cela qui explique l’initiative du Commandant de la Brigade des Moeurs qui a engagé depuis quelque temps une offensive contre la dépravation des moeurs, en tout cas dans le District de Bamako et environs. C’est dans ce cadre que des actions de vérification de la situation des lieux de loisir ont été menées au niveau des bars, restaurants et hôtels dans le District de Bamako et qui ont permis de fermer certaines de ces structures fonctionnant en violation des dispositions réglementant les lieux de loisir. Il devenait donc nécessaire pour les propriétaires de ces hôtels, bars et restaurants de s’acquitter de leur devoir vis-à-vis de l’Etat à travers le payement des impôts et taxes.

Au-delà des bars, restaurants et hôtels

Au-delà de ces rentrées d’argent, il y a des efforts soutenus en cours afin de dénicher les coins mal famés du District. Cela est compréhensible quand on sait qu’en général les nids de prostitution sont également les zones d’insécurité par excellence. Les efforts sont en cours et méritent d’être soutenus à un moment où les formes de la dépravation des moeurs ne cessent de se multiplier et de prendre de l’ampleur, notamment dans le District de Bamako. Nous sommes à un stade de la lutte contre la dépravation des moeurs où il y a lieu de se demander s’il ne faut pas aller au-delà des bars, restaurants et autres lieux de loisir en s’intéressant à des comportements dans la ville, en particulier dans la circulation routière qui sont l’expression de la dépravation des moeurs.

En effet, on observe ces temps-ci en pleine circulation des jeunes filles moitié nues avec des tee-shirt assimilables à des soutiens-gorge. Pire, certaines d’entre elles ont pris l’habitude d’écrire les numéros de portables sur leur corps afin d’attirer de la clientèle. Aussi, certaines personnes, en particulier s’adonnent dans les rues et dans les lieux publics à des séances d’orgie sans se soucier de ce qu’elles peuvent être surprises en flagrant délit d’attentat à la pudeur.

Par ces pratiques, elles incitent à la dépravation des moeurs et attentent à la pudeur. Si rien n’est fait cette situation ira de mal en pis et c’est l’image de notre société qui en pâtira. Elle interpelle en même temps les hommes de culture, les gardiens de la tradition.

Moussa SOW / NH

6 juillet 2006