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Avec l’Aïd El Fitr qui s’annonce très bientôt, les tailleurs, évoluant dans le secteur informel gagnent plus d’argent. Ils prennent toutes sortes de tissus provenant de toutes les couches sociales. Cette année, ce marché tant rentable tourne au ralenti, le délestage électrique dans la capitale malienne étant la principale cause. Tailleurs et clients se plaignent au quotidien. 

Les tissus étalés partout dans une salle dans le noir, les machines censées coudre sont en arrêt de travail, les apprentis et quelques professionnels du domaine ne sont pas venus au boulot, les clients vont des allers et retours pour récupérer leurs habits de fête, mais impossible de l’avoir. Voici ce à quoi ressemble un peu le salon de couture de Karim Ciseau situé à Kalaban Coro.  En ce mois où le délestage électrique bat compagne dans les différentes communes de Bamako, beaucoup de tailleurs comme ce jeune couturier souffrent énormément. « Nous avons beaucoup de tissus mais, le délestage électrique fait que nous sommes affaiblis. D’abord, l’argent ne rentre plus dans nos caisses comme avant. Ensuite, les clients se plaignent en disant que la fête approche. En fin, ce n’est même pas certain que nous finissions de coudre tous les tissus que nous avons » dit-il. 

Issouf Koné est tailleur également non loin de l’atelier de Karim Ciseau. Il avoue qu’il ne fera pas grande réalisation avec son revenu de cette année. Or, les années précédentes, après les marchés de la fête, ce jeune pouvait s’acheter une dizaine de machines pour rouvrir un autre atelier de couture pour les jeunes. « Chaque année, après les deux fêtes, j’achetais des machines pour un nouvel atelier. Cette année, cela sera impossible car, nous travaillons pas assez à cause du délestage électrique. C’est déplorable » regretta-t’il. 

Les clients de leur côté, trouvent que cette situation tourne à leur défaveur. Et cela constituerait un grand risque pour les enfants qui ne chercheront pas à comprendre. « Les adultes comprendront mais, les enfants, le jour de la fête, s’ils ne voient pas leurs habits, ils pleureront à chaudes larmes » a signalé Makaba Touré, une ménagère. 

Les femmes qui ont encore leurs uniformes chez les tailleurs, vivent encore avec la peur au ventre. < Nous avons nos tissus chez les tailleurs et à chaque fois, ils disent qu’ils sont en cours de confection. Or, la fête approche à grands pas, nous perdons espoir>; s’est écœurée Massaran Cissé. 

En attendant qu’une solution soit trouvée à ce fléau par les autorités, tailleurs et clients continuent de s’inquiéter de plus en plus. Une chose est sûre, cette fête sera mal digérée par certains amoureux de la sape, autant chercher un plan B. 

Adama Sanogo

@Afribone