Partager

Faute d’achat de combustible et faute de maintenance des machines, EDM n’est plus à mesure d’assurer aux citoyens l’électricité. C’est du moins les raisons avancées par le ministre de l’énergie Makan Tounkara pour expliquer les délestages actuels. C’était lors d’une conférence de presse, à la Maison de la presse, le vendredi 24 mai 2013.

La situation que vie le pays aujourd’hui en matière d’électricité n’est pas fortuite. Il s’agit d’accumulation de nombreuses situations et de programmes non exécutés qui ont conduit EDM à ces nombreux délestages.

Des problèmes liés à des situations anciennes

Selon le ministre Makan Tounkara, le Mali a 2 ans de difficultés auxquels il faut s’atteler. Sans langue de bois, il a indiqué que ce problème de délestage est le constat de plusieurs circonstances déplorables qu’il faut prendre en compte : privatisation d’EDM/SA, manque de cohésion liée aux caractères divergents de gestion ; la vente du patrimoine de la société à SOR et IPS qui avaient 60% et le mali 40% etc.. Selon lui, l’Etat payait 600 milliards au titre de l’électricité et 300 milliards au titre de la redevance eau. A cela s’ajoute le contrat de concession. De 2003 à 2013 il ya eu une seule augmentation tarifaire et il n’y a pas eu d’investissement où les réseaux techniques sont devenus vétustes avec une absence de ressources et une crise de trésorerie. Pour le ministre Makan Tounkara au moment où il prenait la charge de ce département, EDM devait aux fournisseurs 22 milliards de FCFA et la société EDM avait 70 milliards FCFA de dette. Ce sont des causes qui ont fait que la société n’a pu faire face à ces problèmes de délestages. Et, aujourd’hui, il faut 120.000 litres de DDO/jour pour faire tourner la tribune de Darsalam. Une menace plane au niveau de Manantali.

« Si Selingué ne fait que 44 Mgw, manantali fait 200 Mgw » a dit le ministre. Alors, selon lui, le Mali a 52% de la centrale de Manantali et quand un groupe de Manantali était à l’arrêt tous les 05 groupes d’EDM ont aussi arrêté. Encore, il dira que Manantali menace d’arrêter ces turbines pour 15 jours. Selon lui, son département a écrit 2 fois aux autorités du barrage de sursoir à cette décision pour éviter d’aggraver la situation au Mali qui est déjà éprouvé par la crise. Et, le département attend la réponse du pourvoyeur. En ce qui concerne l’interconnexion de la côte d’Ivoire, il a indiqué que ce pays a lui aussi des problèmes et a fini par retirer au Mali les 121 Mgw qu’elle devrait injecter.

Des mesures urgentes entreprises par EDM.

« Je suis venus au moment où ça devait exploser » a dit le ministre Makan Tounkara. Pour lui, il faut prendre le taureau par les cornes. Il faut trouver les moyens de sortir de la situation en changeant de management, en supprimant toutes les poches de déperdition, en menant une campagne de sensibilisation. Avec les 40 milliards de FCFA que le gouvernement a promis 20 milliards ont été donnés sous forme de mandatement a-t-il indiqué. Selon lui, trois groupes ont été mis en route et les deux autres qui étaient à l’arrêt seront également bientôt fonctionnels. Pour sortir de la situation à court terme, EDM entend prendre des groupes en location pour lancer 40 Mégawatt dans le pays et 18 Mégawatt Bamako. La vision à moyen terme sera la réalisation du Barrage de Taoussa et le barrage de Gouina avec 132 Mgw. La construction de centrales majeures seront dans leur dossier qui sera soumis aux partenaires a fait savoir le ministre. De la réalisation du barrage du Bafing à Bouraya, l’énergie du Mali attend 184 Mgw ainsi que celui de Kokolaban. Il dira que toutes les dispositions sont prises pour produire 40 Mgw au niveau du barrage de Felou, en plus des 58 Mgw déjà produits. Concernant l’eau, il a indiqué que la reforme sur l’eau se prépare (EAU-Potable-SOMAGEP). Pour lui, il faut avoir une politique de développement sectoriel (avoir un contrat assorti de contrat plan). Enfin, il dira qu’il y aura un volet assainissement.

Fakara FAINKE

Le Républicain du 29 Mai 2013