Partager

Le week-end dernier, le président de la chambre des mines du Mali, Abdoulaye Pona était devant la presse pour éclairer la lanterne de la population. Cette conférence de presse intervient après sa visite aux sites d’orpaillages de Foroko et Kobada où les orpailleurs ont été chassés par les forces de l’ordre. Jouant le rôle de courroie de transmission entre l’État, compagnie minière et orpailleur, le président de la chambre des mines du Mali a souhaité l’apaisement avant de demander aux orpailleurs de faire le combat dans la légalité même si l’État a fauté quelque part.

«Tout ce qui affecte le secteur minier malien nous affecte profondément. Entre l’État, les compagnies minières et les orpailleurs, la chambre des mines du Mali joue le rôle d’une courroie de transmission», c’est en ces termes que le conférencier a commencé son allocution. Avant d’informer qu’il a conduit une délégation le 22 mai 2013 pour s’enquérir de la situation sur le terrain suite aux événements survenus sur les sites d’orpaillages de Foroko et Kobada (Cercle de Kangaba) le 11 mai dernier. A l’en croire le déroulement des événements a déjà fait l’objet d’un constat huissier commis par la chambre des mines du Mali.

Au cours de mission sur le terrain, Abdoulaye Pona a constaté qu’aucun élu, aucun chef de village encore moins les orpailleurs n’ont été prévenus du déclenchement de cette ‘’opération coups de poing’’.

Et qu’il n’ya plus d’activité d’orpaillage sur les deux sites. « Nous sommes allés sur le terrain porteur de message d’appel au calme et à la sérénité à l’endroit des populations dont le comportement citoyen de respect de l’autorité a permis d’éviter le pire », a dit le président de la chambre des mines du Mali. Avant de dire ces quatre vérités qui sont entre autres : l’État doit respecter ses engagements envers toutes les sociétés minières, l’État a un devoir de respect envers sa population, de ses coutumes et de l’ensemble du droit coutumier, l’intégrité physique et la vie humaine sont sacrées, la situation suffisamment dramatique doit relever purement et simplement des autorités compétentes en la matière et elle ne doit faire l’objet d’aucune récupération politicienne.

En réponses aux questions des journalistes, le conférencier Abdoulaye Pona a fait sa voir que l’État a fauté quelque part car le code minier de 1992 prévoit la création du couloir d’orpaillage (portion de terre qui est réservé aux populations riveraines). Malheureusement ces couloirs ont été créés de façon timide. En dépit de cela, la cohabitation est possible entre les compagnies minières et les orpailleurs, a-t-il dit. Pona a affirmé que même s’il y’a eu des décès qu’il n’a pas vu un certificat de décès. « Il faut le faire le combat dans la légalité.

Il faut des preuves. Si non on va de jugement en jugement et on aura jamais raison», a-t-il rappelé. A sa suite, les orpailleurs ont tour à tour exprimé leurs amertumes faces aux exactions et la fermeture des sites par les forces de l’ordre. A cet effet, la Fédération nationale des orpailleurs du Mali (FNOM) exige la non fermeture des sites d’orpaillage, le retrait immédiat et sans condition des forces de sécurités des sites occupés, la création d’un cadre de concertation entre les sociétés minières, les élus, les autorités administratives, les populations et les organisations des orpailleurs entre autres.

Aguibou Sogodogo

Le Républicain du 29 Mai 2013