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L’opération de déguerpissement des grandes artères de la ville de Bamako, initiée par la Gouverneure du District, Mme Sacko Amy Kane, est en passe de déroger à l’objectif initial.

En effet, si l’opération visait initialement à faire libérer les grandes avenues de la capitale malienne pour lui redonner l’image d’une ville coquette, force est de constater qu’aujourd’hui, cette motivation n’est plus d’actualité. Car, la mesure s’est curieusement étendue à certains endroits qui ne sont nullement concernés. Il s’agit des bars-restaurants. Après ceux de Badalabougou, précisément dans la «Rue bla-bla», c’est le bar-restaurant communément appelé «Pied de colline», situé sur la route de Samé, qui a été visé cette fois-ci.

Contacté par nos soins, le propriétaire du lieu, Sambaly Traoré, un partant à la retraite volontaire, affirme n’avoir reçu aucune notification des autorités communales pour la démolition de ses installations. «La seule notification que nous avons reçue était relative à une de nos alimentations, située au bord de la route», a-t-il précisé. Un beau matin, raconte-t-il, les forces de l’ordre ont débarqué sur le lieu et détruit l’endroit avec nos matériels à l’intérieur.

Modibo Traoré, fils Sambaly, et non moins l’un des gérants, ajout que ce jour -là, il a supplié les agents afin qu’ils lui accordent quelques minutes, le temps les marchandises d’une valeur de plus d’un million. «Malgré cela, ils ont détruit et m’ont passé à tabac ainsi que certains employés», a-t-il précisé. Selon Sambaly Traoré, ce qui fait le plus mal, c’est que son local n’est pas situé au bord de la route, mais près de la colline.

Et il se trouve sur le même alignement que deux stations service et une alimentation qui ont été épargnées. «L’Etat du Mali est laïc et aucune loi de notre pays n’interdit la construction des bars-restaurants. On ne dérange personne. On a une autorisation en bonne et due forme de la Mairie et un agrément du ministère du Tourisme. Et on paie régulièrement nos taxes», a-t-il expliqué.

Mieux, il a fait savoir qu’il existe un contrat d’un million annuel entre lui et la Mairie. Dans ledit contrat, soulignera-t-il, il lui a été recommandé d’aménager le lieu à hauteur de cinquante millions. «On avait commencé déjà. J’aurais préféré qu’on nous dise de quitter le lieu si l’Etat à un projet d’utilité publique. La démolition du lieu met mes 16 employés au chômage», a-t-il déploré.

B.SIDIBE

26 Septembre 2016