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Aujourd’hui, le Malien fait un constat très amer face à la dégradation prématurée des infrastructures routières. Ils bitument leurs maisons et cimentent les routes, disent de plus en plus de Maliens. Est-ce les ingénieurs commis à la tâche qui sont incompétents à telle enseigne qu’ils font des routes avec des matériaux inadaptés ? Ou est-ce tout simplement un marché de dupe dû à la négligence de nos responsables ?

De 1992 à 2002, le Mali était le pays sub-saharien à avoir un réseau routier très performant. Cette densité routière a permis à notre pays de se développer très rapidement. Seulement quelques années après ces acquis, la réalité est très difficile à admettre. Les routes nationales, les rues et les ponts sont devenus la première cause des accidents de circulation.

Les exemples des routes de Kayes, Ségou et Sikasso doivent nous interpeller. La route de Kayes, construite il y a moins de 2 ans et qui a coûté des milliards, n’existe plus que de nom. Qu’est-ce qui a bien pu accélérer la dégradation de nos routes ?

A cette interrogation, deux réponses sont envisageables. Primo, ces entreprises font de la surfacturation en complicité avec les autorités. Elles utilisent du matériel à moindre coût et inapproprié. Les reliquats sont, bien entendu, partagés. Ils bitument leurs maisons et cimentent les routes, comme faisait si justement remarquer récemment un technicien des BTP.

Secundo, des personnes non qualifiées mais ayant versées des pots-de-vin aux décideurs se voient octroyer des marchés de construction de routes. Conséquence : des routes dont la durée n’excède pas 5 ans sont inaugurées avec force battages médiatiques. La route de Djikoroni-Para est révélatrice du manque de rigueur dans la gestion de l’argent du contribuable destiné à la construction d’infrastructures.

Quoique l’Etat débourse des sous pour l’entretien des routes, il est loisible de constater que la situation n’évolue guère positivement. Pendant ce temps, les usagers meurent comme des mouches à cause du mauvais état des routes.

Nous espérons que le gouvernement d’ATT fera de son mieux pour réparer ce qui est à réparer et construire d’autres routes car il y a des routes qui ne sont bitumées sur papier. Tout cela est honteux pour la République.

Boubacar Diakité Sarr

10 Sepetembre 2008