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L’information a été donnée mardi dernier lors d’un point de presse organisé à l’hôtel Laico El Farouk de Bamako par les sociétés Somilo SA, Morila SA et la direction de Randgold Resources Mali.

Selon Mahamadou Samaké, directeur de Randgold Resources Mali, c’est une ONG récemment créée dénommée Association pour l’environnement et la santé (APES) qui a assigné une plainte au tribunal de la Communie II du district de Bamako contre l’ensemble des sociétés minières opérant au Mali pour « dégradation de l’environnement ».

Elle réclame la somme de 150 milliards de F CFA de dommages et intérêts à titre de réparation des préjudices causés aux populations vivant sur les sites miniers et à leur cadre de vie. Doutant de la moralité de l’ONG en question, le directeur de Randgold Resources Mali n’est pas allé par quatre chemins.

« Comment une association qui a été créée le 18 avril 2008 et qui n’a eu son récépissé que le 6 mai dernier peut assigner une entreprise en justice le 12 du même mois pour dégradation de l’environnement alors que ces sociétés minières opèrent depuis des années en harmonie avec les populations et participent en leur manière au développement local des sites », a-t-il fait remarquer.

A ses dires la convocation lui a été remise le 14 mai 2008 et il devait comparaître à midi le même jour.

L’affaire a été renvoyée au lendemain matin (hier). Pour les responsables des sociétés minières, c’est une cabale montée par l’APES qui a certainement des objectifs inavoués.

« Nous n’encouragerons pas les partisans de l’argent facile ».
Pour Mahamadou Samaké, l’APES a avancé des arguments comme l’utilisation de certains produits toxiques pour la santé humaine et animale à savoir le cyanure et le mercure.

Or, à l’en croire, aucune société minière au Mali n’utilise le mercure. « Nous utilisons le cyanure qui est un produit connu depuis plus de 50 ans dans le traitement de l’or, mais nous obéissons à des règles, des normes internationales pour limiter les effets négatifs du produit », a dit M. Samaké pour qui le cyanure ne pose aucun problème s’il est utilisé dans de très bonnes conditions.

« Le président de l’APES est un commerçant »

Aussi, pour les sociétés minières, les promoteurs de l’APES ne sont pas allés au fonds de leurs idées. « Le président de l’APES est un commerçant qui n’a aucune expertise sur la protection de l’environnement, il n’a pu avancer aucun argument valable.

Il s’est fondé sur les rapports d’Oxfam et du FIDH sur lesquels nous n’épiloguons pas », a indiqué M. Samaké, qui a ajouté que « le plaignant a eu le courage de demander au juge d’envoyer des experts sur les sites pour vérification des faits et cela à nos frais », a précisé M. Samaké.

Le Conseil national des opérateurs miniers a exprimé sa solidarité aux sociétés minières à travers une déclaration lue par son secrétaire général Ibrahim Kantao. Pour le CNOM, « l’attitude de l’APES doit être dénoncée et condamnée avec la dernière rigueur pour qu’elle ne soit pas un précédant fâcheux ».

Le Conseil national des opérateurs a tenu à rappeler à ceux qu’il a qualifiés de nouveaux types d’agitateurs que la mise en exploitation d’un gisement au Mali est précédée d’importants travaux de recherche qui nécessitent d’énormes ressources financières (plus de 15 milliards FCA), de la présentation d’une étude de faisabilité à soumettre à l’administration des mines, l’évaluation des réserves,

la méthode de traitement du minerais, la note d’impact socio-économique du projet, la note exposant la compatibilité du projet avec le respect de l’environnement et les mesures envisagées par la protection et la réhabilitation des lieux.

« Nous sommes sereins, nous avons confiance en notre justice et nous allons défendre ce dossier », a promis Sam.


Idrissa Sako

22 Mai 2008