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L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a commémoré hier sur le boulevard de l’indépendance, le 121e anniversaire de la fête du travail. Comme à son habitude, la principale centrale syndicale du Mali a égrainé le bilan de ses revendications assorties de deux nouvelles doléances et d’une menace de grève.

En présence de huit ministres, des présidents des institutions de la République, d’ambassadeurs en passant par les directeurs des services centraux, l’UNTM a organisé son traditionnel défilé de fête du 1er mai.

Dans son allocution en prélude au défilé, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, a planté le décor en parlant de l’élection présidentielle du 29 avril 2007. Il s’est gardé de se prononcer sur le déroulement du scrutin par respect à la charte du syndicalisme qui ne rime pas avec la politique.

Toutefois, M. Diakité a rappelé que l’UNTM, à la veille de la présidentielle, a posé aux huit candidats, neuf questions. Ces questions vont de la vision du Mali qui gagne dans l’environnement actuel de notre sous-région à l’atteinte de l’Education pour tous (EPT) en 2015 en passant par la lutte contre l’analphabétisme, la mise en place d’une médecine de pointe, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, etc. « A cette date, seul le candidat du Rassemblement pour le Mali nous a répondu », a indiqué le patron de la Bourse du travail.

En termes de bilan, Siaka Diakité a noté l’adoption du plan social de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), la reprise des travailleurs licenciés de Transrail, l’augmentation de la valeur du point d’indice, du paiement du rappel lié à la correction de la grille B1 et B2.

Insatisfactions

L’UNTM, par sa voix, a cependant constaté des lenteurs dans le traitement de certains dossiers par le gouvernement et le patronat malgré le temps pris pour leur trouver des solutions. Cette situation, selon lui, est à l’origine des soubresauts au niveau des syndicats nationaux qui ont déposé des préavis de grève à quelques jours de la présidentielle. L’UNTM, à l’en croire, en fera de même dans les jours à venir.

Siaka Diakité a en outre relevé le paradoxe existant entre le taux de croissance supérieur à 5 % que l’économie malienne a engrangé cette année et l’accentuation de la pauvreté dans le pays.

L’UNTM n’a pas failli à la tradition de soumettre au gouvernement des doléances du 1er mai. Siaka Diakité en a mentionné deux : « l’élaboration et la mise en œuvre d’un chronogramme d’un agenda du travail décent au niveau tripartite » et « l’augmentation générale des salaires ».

Pendant plus de trois heures, les 13 syndicats nationaux affiliés à l’UNTM ont honoré le rituel du défilé. Certains ont même profité de l’occasion pour faire connaître les préoccupations de leurs services et des maux qui minent les employés. On pouvait lire sur une banderole déployée par le Syndicat de la filière coton, la hantise des travailleurs de voir le secteur privatisé, ce qui est, pour eux, synonyme de pauvreté.

Le comité syndical de la protection civile réclamait des primes liées à leurs fonctions avec le slogan : « A travail égal, salaire égal ». Le Syndicat des chauffeurs de l’administration publique a brandi une pancarte indiquant : « 2000 F de perdiem par jour de mission ». Une manière de demander une augmentation de ce taux.

Abdrahamane Dicko

02 mai 2007.